À Bordeaux, les pots de fleurs anti-dealers de l'Adiu créent la polémique
Bordeaux : pots de fleurs anti-dealers en débat

Deux semaines après sa mise en place, l'initiative non autorisée du bar Adiu à Bordeaux, qui a installé des pots de fleurs sur l'espace public pour lutter contre les dealers, prend un tournant politique. L'ancienne municipalité écologiste revendique l'idée mais déplore la méthode du maire Thomas Cazenave.

Une initiative médiatique

Médiatiquement, l'initiative est un grand succès : reportages et publications sur les réseaux sociaux se sont succédé rapidement. Mi-avril, le gérant de l'Adiu a dépensé 5 000 euros pour poser sur le trottoir une centaine de plantes aux abords et hors de sa terrasse. Cette enclave artificielle, qui ne fait pas l'unanimité, a pour but revendiqué « d'enlever de l'espace aux dealers ». Dans le quartier cosmopolite de Saint-Michel, en bordure de l'hypercentre, leur présence est permanente depuis des décennies, rue des Faures, rue des Menuts et près de la porte de Bourgogne.

Une « allégorie urbaine »

Victor Asseray, le patron de l'Adiu, estime que son action est une « allégorie urbaine pour dénoncer de façon pacifique la présence des dealers ». Il a appelé les autres commerçants et riverains à participer, mais en vain. Deux semaines plus tard, personne n'a ajouté de pot de fleurs. Après une vaste opération de police au marché des Capucins, à 200 mètres des dealers, le maire Thomas Cazenave s'est exprimé le 27 avril sur TV7 : « Installer un marché, développer une terrasse, c'est occuper l'espace public contre ceux qui l'occupent contre nos intérêts. Cela fait partie des interventions qui permettent de faire reculer les points de deal. »

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La réaction de l'ancienne municipalité

L'ancien maire du quartier Saint-Michel, l'écologiste Olivier Cazaux, revendique l'idée : « C'était une idée que nous avions évoquée avec les riverains et commerçants lors des réunions de quartier. Nous réfléchissions à l'occupation de l'espace public et nous étions d'accord avec l'Adiu. » L'ancien adjoint de Pierre Hurmic, Marc Etcheverry, confirme : « Nous voulions faire les choses en bonne et due forme sur l'occupation du domaine public. Le maire doit veiller à ce que l'espace public ne soit pas privatisé. Mais il est obsédé par le tout sécuritaire, sans se préoccuper de la prévention et de la médiation. »

La mairie a indiqué le 16 avril qu'il y aurait « une rencontre prochaine avec les initiateurs » et que « l'initiative observée avec intérêt devra être remise dans un cadre concerté ». Pour l'heure, les pots de fleurs sont toujours hors la loi.

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