Bordeaux 1970 : la double vie de trois gangsters démantelés
Fin février 1970, trois jeunes gangsters, spécialisés dans le déménagement de coffres-forts, ont été arrêtés dans leur appartement à Bordeaux. Ils passaient pour des citoyens honnêtes, travaillant toute la semaine et partant skier le week-end à La Mongie, une station des Pyrénées. Mais en réalité, ce trio opérait aussi la nuit, menant une vie criminelle secrète.
Une apparence trompeuse et une arrestation minutieuse
Pour leurs voisins de la rue André-Dumercq à Bordeaux, François Besse, 26 ans, Raymond Bertineau, 21 ans, et Jean-Claude Sauts, 24 ans, semblaient mener une vie normale. Ils travaillaient cinq jours par semaine et profitaient des week-ends pour skier. C'est au retour de La Mongie que François Besse a été accueilli par les policiers. Ses deux complices avaient été appréhendés plus tôt, Jean-Claude Sauts faisant même la sieste avec un P.38 sous l'oreiller lors de l'intervention.
Le groupe de répression du banditisme de la police judiciaire régionale, en collaboration avec la brigade des cambriolages de la Sûreté bordelaise, a découvert un véritable arsenal dans leur appartement. Parmi les armes saisies figuraient plusieurs P.38, un 22 long-rifle, un 7,65 mm, de nombreuses munitions et des outils de cambriolage. Une somme de 10 000 francs a également été trouvée, nécessitant des explications de la part du trio.
Des cambriolages nocturnes et des péripéties rocambolesques
Les gangsters ont avoué s'être spécialisés dans le cambriolage nocturne de coffres-forts, qu'ils transportaient en pleine campagne pour les ouvrir. Leurs opérations n'ont pas toujours été fructueuses. À Gauriaguet en Gironde, ils ont eu la mauvaise surprise de découvrir que le coffre-fort volé chez Richier à Lormont était vide. Aux Établissements Miroir de Mérignac, ils ont dû voler un chalumeau oxy-coupeur dans une usine voisine pour ouvrir un coffre, qui ne contenait que 700 francs.
Au Bouscat, ils ont été surpris par un veilleur de nuit qui a tiré sur eux sans les atteindre, les forçant à sauter spectaculairement par une fenêtre fermée pour s'échapper. À Saintes, malgré trois cambriolages ne rapportant initialement que 800 francs, ils ont finalement découvert 9 000 francs dans le coffre des Établissements Brunaud, après que leur camion se soit embourbé dans un chemin.
Un réseau criminel étendu et des conséquences judiciaires
Le trio a également opéré à Saint-Pierre-du-Mont dans les Landes, à Bègles et de nouveau à Mérignac, dérobant au total plus de 50 000 francs en trois mois. Ils se déplaçaient avec des véhicules volés, tels que des camions ou des voitures. Un complice, Jackie Paverne, 22 ans, a été arrêté à Saintes, et un commerçant bordelais, soupçonné de recel, est impliqué dans l'affaire.
Le 19 mars 1971, François Besse et Raymond Bertineau ont été condamnés à sept ans de réclusion criminelle, Jean-Claude Sauts à cinq ans, et Jackie Paverne à quatre ans de prison, dont deux avec sursis. Deux mois plus tard, dans la nuit du 9 au 10 mai 1971, François Besse s'est évadé de la prison de Gradignan en Gironde, ajoutant un chapitre dramatique à cette histoire criminelle.



