Bayonne sous les eaux : les restaurateurs au bord de la noyade
Les tempêtes Nils, Pedro et Goretti se succèdent sans répit depuis le début du mois de janvier, plongeant Bayonne dans une météo particulièrement maussade. Cette succession d'intempéries affecte gravement le moral et les finances des restaurateurs de la ville, qui subissent des pertes économiques considérables.
Un rituel annuel devenu insupportable
Delphine Le Baler, gérante du Kapito café, vit cette situation comme un rituel presque annuel. Ce jeudi 19 janvier, elle prépare une nouvelle fois son établissement à une potentielle crue de la Nive, comme annoncé par la mairie. « Cela fait neuf ans que je travaille ici, et on y a le droit tous les ans à l'exception de l'année dernière », confie-t-elle avec lassitude.
Derrière le bar, une photo publiée par Sud Ouest en 2024 la montre prenant un verre sur sa terrasse, les pieds dans l'eau. Après plus d'un mois et demi d'intempéries continues, elle avoue : « Cette fois, c'est la goutte de trop. Je n'ai pas trop les mots. Avec tout cela, tu as juste envie de baisser les bras. » Son restaurant enregistre une baisse de 30% de ses recettes sur la période.
« Nous n'avons aucune solution face à cela. Les sacs de sable et les barrières ne servent à rien », conclut-elle, désemparée.
Anticipation et résignation face aux éléments
Juste à côté, le coffee-shop Andy, tenu par Lucas Diriberry, adopte des mesures préventives. Bancs et frigo sont surélevés sur des tabourets. « On a pas mal d'équipements déjà en hauteur et on a privilégié les murs en pierre et le sol en béton ciré », explique le gérant, pourtant en première année d'ouverture.
Malgré cette anticipation, il subit lui aussi l'absence criante de clientèle. De l'autre côté de la Nive, Cyriane Jaquemoud, employée du restaurant Itsaski, témoigne : « Il est arrivé plusieurs fois de faire zéro couvert. Cela ne nous inquiète pas car c'est pour tout le monde pareil. » L'activité peine à tourner, sauvée ponctuellement par les matchs de rugby ou l'arrivée du cirque.
Un avenir climatique inquiétant
Pour Delphine Le Baler, même les prévisions de jours ensoleillés à venir n'apportent guère de réconfort. Elle observe une dégradation constante de la situation : « C'est de pire en pire, et ce n'est pas une légende. » Cette succession de tempêtes et de crues met en lumière la vulnérabilité croissante des commerces face aux aléas climatiques, transformant la gestion quotidienne en un combat permanent contre les éléments.



