Déjà sujet à polémiques, le Canon français avait ajouté une deuxième date pour son banquet d’octobre à Bergerac, avant de l’annuler. La polémique continue autour de l’organisation d’un banquet du Canon français à Bergerac le 24 octobre, pour les 80 ans de l’appellation des vins de Pécharmant. Voici ce que l’on sait.
Pas de deuxième date pour l’instant
Le retentissement médiatique autour de l’événement a fait exploser les demandes de réservation, et le banquet a affiché complet en quelques jours. Comme il le fait souvent, le Canon français a donc ajouté une seconde date, dimanche 25 octobre. Un peu trop vite, en l’occurrence. La direction du centre événementiel Espace Étincelle, qui accueille le banquet, n’avait pas donné son accord. Et pour cause : la Communauté d’agglomération de Bergerac, propriétaire de la salle, n’est pas favorable à l’organisation d’un tel événement. Ce mercredi 13 mai au matin, le directeur d’Alliance CEB, gestionnaire de l’Espace Étincelle, a refusé d’accueillir la deuxième date. Le Canon français a donc suspendu l’événement du 25 octobre, qui avait déjà été mis en ligne et ouvert aux réservations sur le site billetweb.fr. La page affiche désormais « complet » pour éviter toute nouvelle réservation.
Au menu du Conseil communautaire
Concernant le banquet du 24 octobre, il est pour l’heure maintenu. Plusieurs élus de la Communauté d’agglomération de Bergerac ont fait part de leur désaccord. Mais ni la CAB, propriétaire mais pas gestionnaire de la salle, ni le maire de Bergerac ne peuvent décider son annulation pure et simple, d’autant que des engagements contractuels ont été pris. Ils renvoient vers la préfecture, qui pourrait prendre des mesures en cas de risque de trouble à l’ordre public. Le sujet sera sans doute abordé lundi 18 mai en séance publique du Conseil communautaire, et certains élus ne manqueront pas de s’exprimer. Des échanges ont eu lieu mardi entre la CAB et le syndicat des vignerons de l’appellation Pécharmant, dans l’éventualité d’une prise de position commune, pour l’heure sans résultat. Sollicité pour savoir s’il souhaitait poursuivre sa collaboration avec le Canon français, le président de l’AOC Pécharmant n’a pas donné suite. Interrogé le 28 avril dernier, Didier Roches avait assuré que la démarche du syndicat était « apolitique » et maintenu la collaboration.
Les pour, les contre
Les banquets géants organisés dans toute la France par le Canon français sont depuis plusieurs mois au cœur d’une controverse politique. Beaucoup considèrent que ces événements, sous couvert de ripailles festives, sont l’occasion de dérives xénophobes, homophobes ou sexistes, et qu’ils portent en germe un combat civilisationnel pour favoriser les idées de l’extrême droite. À Bergerac, les communistes et les écologistes se sont déjà prononcés contre la tenue de ce banquet, tandis que le député du Rassemblement national Serge Muller a affiché son soutien dans une vidéo sur Facebook.



