Condamné en première instance à trois ans de prison avec mandat de dépôt, un prévenu de 23 ans a interjeté appel de la décision. L'affaire a été jugée au fond ce mardi 30 septembre à la cour d'appel de Nîmes.
Les faits : une bagarre en marge d'un match
En marge d'un match de foot à Redessan, le 27 avril dernier, une bagarre a éclaté entre deux protagonistes. Selon la victime, un jeune d'une vingtaine d'années, il s'est fait agresser par le prévenu pour une histoire de « queue de poisson », quelques jours plus tôt. Il aurait alors reçu plusieurs coups du mis en cause, notamment à l'aide d'un poing américain, mais aussi de trois autres individus. Après avoir pris la fuite et s'être caché, il a été retrouvé par ses proches, le visage ensanglanté et sans chaussure. Le médecin légiste, après examen, a constaté une fracture du plancher orbital. Dix jours d'ITT ont été délivrés.
De nombreux changements de version
À l'issue de son procès devant le tribunal correctionnel de Nîmes en juin dernier, le prévenu, qui comparaissait en récidive, avait été condamné à trois ans de prison, avec révocation de son sursis de 10 mois et mandat de dépôt. Une décision pour laquelle il a interjeté appel. Ce mardi 30 septembre, le dossier a donc de nouveau été examiné devant la cour d'appel de Nîmes. Contrairement à ses précédentes déclarations, où il a d'abord nié sa présence au stade, avant de reconnaître avoir été là, mais pas d'avoir agressé la victime, le vingtenaire a finalement décidé « de dire la vérité ».
« J'avais peur de finir en prison »
La bagarre ? Elle a bien eu lieu. « Mais c'est lui qui est venu vers moi et qui m'a insulté. Il m'a donné deux coups que j'ai parés, moi je me suis juste défendu », explique-t-il dans le box. En revanche, il conteste le poing américain et la réunion. « Personne d'autre n'est intervenu, et lui est parti en courant », assure-t-il. Un changement de version qui interpelle l'assesseur. « Pourquoi ne pas l'avoir dit dès le début si c'est de la légitime défense ? ». « J'avais peur de finir en prison et peur des conséquences, car je voulais passer le concours de sapeurs pompiers », rétorque-t-il. Enfin, sur le motif du litige, à savoir la « queue de poisson », le prévenu nie, là encore, cette partie de l'histoire. Ses conseils, Mes Yassine Maharsi du barreau de Paris et Stéphane Fernandez du barreau de Montpellier, rappellent que leur client n'a pas de permis de conduire. « Mais il a été condamné à deux reprises pour conduite sans permis, donc ce n'est pas vraiment un argument », nuance la présidente Nadine Mouttet.
Une « nouvelle » version confirmée par des témoins
Cette nouvelle version a été confirmée par les cinq témoins appelés à la barre, qui sont des connaissances du prévenu ou des membres du club de foot. Mais Me Ludovic Para, représentant la partie civile, pointe quelques « incohérences ». « Les discours ne correspondent pas aux déclarations écrites. D'un côté on parle de bousculade, de l'autre d'un coup de poing, puis finalement de deux… » Des zones d'ombre qui poussent Bertrand Baboulenne, représentant le ministère public, à écarter dans ses réquisitions les circonstances aggravantes : la réunion et l'usage d'une arme. Après délibéré, les faits ont été requalifiés en violences volontaires en récidive. Le mis en cause est condamné à deux ans de prison avec confirmation de la révocation de son sursis. Il est maintenu en détention.



