Aveyron : Cédric Prizzon arrêté au Portugal pour les meurtres de deux femmes
Aveyron : Cédric Prizzon arrêté pour double meurtre au Portugal

Un drame familial qui tourne au cauchemar international

L'affaire des disparus de l'Aveyron a pris une tournure tragique avec la découverte des corps de deux femmes au Portugal et l'arrestation de Cédric Prizzon, leur principal suspect. Cet ancien policier de 42 ans, actuellement sans emploi, a été interpellé mardi soir à Mêda, petite ville portugaise située à près de 200 kilomètres à l'est de Porto, non loin de la frontière espagnole.

Les victimes : Audrey Cavalié et Angela Legobien-Cadillac

Les deux femmes, Audrey Cavalié, 40 ans, et Angela Legobien-Cadillac, 26 ans, avaient disparu depuis le vendredi 20 mars 2026 avec leurs enfants respectifs. Leurs corps ont été retrouvés dans la nuit du mardi 24 au mercredi 25 mars, "enterrés dans un lieu isolé" selon la police portugaise. Les premières informations suggèrent qu'elles pourraient avoir été étouffées, une piste qui devra être confirmée par les autopsies.

Audrey Cavalié, qui travaillait dans une compagnie d'assurances à Villefranche-de-Rouergue, était domiciliée au hameau des Sabatiers, à deux kilomètres du bourg de Vailhourles. "La famille Cavalié est très estimée sur la commune et ses alentours", a confié Hervé Davy, le maire de Vailhourles, dévasté par la nouvelle. La victime avait obtenu un téléphone grave danger et était suivie par l'Aide sociale à l'enfance, témoignant du harcèlement qu'elle subissait de la part de son ex-conjoint.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Le suspect : Cédric Prizzon, un profil inquiétant

Cédric Prizzon, ancien joueur de rugby à XIII de bon niveau, entretenait un rapport très conflictuel avec son ex-compagne Audrey Cavalié. Déchu de son droit de garde, il avait déjà été condamné pour non-représentation d'enfant et harcèlement sur ex-conjoint. Sur les réseaux sociaux, il publiait régulièrement des vidéos dans lesquelles il dénonçait "une justice corrompue" et accusait son ex-compagne de mettre leur fils "en danger".

La mère d'Audrey Cavalié décrit un homme roublard, violent et étouffant. "Il se vantait d'être violent. Lorsqu'il était videur, il disait : 'J'en ai encore fait saigner deux hier'. Audrey en avait honte", a-t-elle témoigné au Nouveau Détective.

Une cavale préméditée

Lors de son interpellation, les policiers ont découvert dans son véhicule un attirail qui laisse penser à une fuite préparée :

  • Un fusil à pompe
  • Plusieurs fausses plaques d'immatriculation
  • 17 000 euros en liquide

Cédric Prizzon a été placé en garde à vue et les charges initiales d'"enlèvement et séquestration" ont été complétées par celles de "meurtres aggravés", selon le procureur Thierry Lescouarc'h.

Une enquête européenne de grande ampleur

Dès l'annonce des disparitions, une information judiciaire avait été ouverte et un avis de recherche transmis aux pays limitrophes. La thèse de la fuite vers le Portugal a rapidement été privilégiée par les enquêteurs de la section de recherche de Toulouse.

Les moyens déployés ont été considérables :

  1. Une soixantaine de gendarmes mobilisés
  2. Utilisation de drones, d'hélicoptères et d'équipes cynophiles
  3. Plongeurs sondant lacs et rivières
  4. Exploitation des données téléphoniques et analyse des images des axes routiers

Les investigations se poursuivent "en liaison avec les autorités judiciaires portugaises dans le cadre de l'entraide judiciaire européenne en matière pénale". Des enquêteurs français ont été dépêchés sur place au Portugal pour collaborer avec leurs homologues locaux.

Les enfants retrouvés sains et saufs

Si le drame a coûté la vie aux deux femmes, les enfants ont été retrouvés vivants. Le fils aîné d'Audrey Cavalié, âgé de 12 ans, aurait déclaré aux policiers portugais que son père avait tué les deux femmes. La fille d'Angela Legobien-Cadillac, âgée d'un an et demi, a également été retrouvée.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Cette affaire, qui a débuté dans le petit village de Vailhourles (650 habitants) dans l'Aveyron, s'est tragiquement dénouée à des centaines de kilomètres de là, mettant en lumière les mécanismes des violences conjugales et l'importance de la coopération judiciaire européenne dans les affaires criminelles transfrontalières.