Audace Lyon : du Bastion social à Quentin Deranque, l'itinéraire d'un groupuscule d'extrême droite
Audace Lyon : itinéraire d'un groupuscule d'extrême droite

Audace Lyon : l'héritage radical du Bastion social

Cinq membres du groupuscule nationaliste d'extrême droite Audace Lyon sont actuellement poursuivis par la justice pour leur participation à une opération de collage d'affiches et d'autocollants à caractère raciste. Ces actions, menées entre novembre 2025 et février 2026 à Lyon et Saint-Cyr-au-Mont-d'Or, portaient notamment le message « Jeune Blanc, rejoins ton clan ». Les suspects, âgés de 19 à 26 ans, ont été arrêtés mardi et seront prochainement convoqués devant le tribunal correctionnel de Lyon.

Les liens avec Quentin Deranque

Dans un communiqué publié ce jeudi 26 mars, Audace Lyon a réagi aux poursuites en affirmant que les enquêteurs cherchaient à établir des connexions avec l'affaire Quentin Deranque. Ce militant néofasciste de 23 ans, décédé le 14 février 2026 suite à une rixe entre extrémistes de droite et de gauche, entretenait des relations étroites avec le groupe. Audace le considérait comme un « camarade » et il participait régulièrement à leurs entraînements sportifs collectifs.

Une trajectoire typique des mouvements radicaux

Audace Lyon représente un cas d'école dans l'évolution des groupuscules d'extrême droite français. Fondé en septembre 2019 immédiatement après la dissolution du Bastion social, ce mouvement s'inspire directement de l'idéologie nationaliste-révolutionnaire. Le Bastion social lui-même, créé en mai 2017 par d'anciens membres du GUD et de l'Action française lyonnaise, puisait son inspiration dans le mouvement italien CasaPound.

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Pendant plusieurs années, Audace Lyon est resté dans l'ombre d'un autre groupe plus visible, Lyon populaire. Mais la dissolution de ce dernier en juin 2025 a créé un vide que Audace s'est empressé de combler. Comme l'a révélé Libération en juillet 2025, le groupe s'est réactivé en intégrant d'anciens adeptes de Lyon populaire, consolidant ainsi sa base militante et son influence dans la région lyonnaise.

Une stratégie de communication offensive

L'opération de collage poursuivie par la justice s'inscrit dans une stratégie de communication agressive caractéristique de ces mouvements. Les affiches et autocollers visent à diffuser un message identitaire et racial tout en marquant physiquement l'espace urbain. Cette méthode, moins coûteuse et plus discrète que des manifestations publiques, permet au groupe de maintenir une présence visible tout en limitant les risques de confrontation directe avec les autorités.

Le parquet de Lyon, qui coordonne l'enquête, examine également les possibles liens entre ces actions de propagande et d'autres activités illégales. Les enquêteurs cherchent à déterminer si ces collages faisaient partie d'une campagne plus large de recrutement et de radicalisation de jeunes sympathisants.

L'affaire Audace Lyon illustre ainsi la capacité de résilience des mouvements d'extrême droite, capables de se réorganiser rapidement après les dissolutions administratives. Elle met également en lumière les réseaux de solidarité qui unissent ces différents groupes, malgré leurs divergences tactiques ou générationnelles.

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