L’AS Monaco Basket joue son avenir ce mardi à 14 heures lors d’une audition en visioconférence devant le Comité national olympique et sportif français (CNOSF), dans le cadre de la procédure de conciliation engagée après son exclusion des championnats professionnels pour la saison 2026-2027. Le club, qui affirme être à l’équilibre financier, espère convaincre l’instance de sa capacité à tenir la saison en Betclic Elite.
Un club à l’équilibre financier, selon ses dirigeants
Selon nos informations, avant cette audition décisive, le club est à ce jour à l’équilibre financièrement avec la volonté de repartir sur des bases assainies. Le principal argument avancé par l’ASM concerne la dette historique. La Société Nationale de Financement (SNF) aurait comptablement renoncé à l’intégralité de l’avance accordée au club, qui ne serait plus une dette mais un droit à rémunération prioritaire sur les performances futures. Un montant estimé à 21 millions d’euros.
De son côté, l’ex-président Alekszej Fedoricsev a écrit un courrier que nous nous sommes procuré, signifiant renoncer à l’intégralité de son compte courant d’actionnaire, soit un montant total de 48 436 299,18 euros. Le manager général Oleksiy Yefimov, devenu copropriétaire/actionnaire au cours de la saison dernière, a lui aussi signé une renonciation à son compte courant. Cela signifie que la société n’a plus aucune dette, ce qui constitue la première exigence et la plus importante du CNOSF.
Un document de renonciation à créance transmis dans le cadre de cette procédure fait apparaître une créance totale de 48 436 299,18 euros, composée notamment de 41 888 851,18 euros au titre d’une créance en compte courant d’associé et de 6 547 448 euros correspondant à une avance en compte courant.
Des garanties demandées par l’UCPB
Dans un courrier adressé le 22 août aux présidents de la FFBB Jean-Pierre Hunckler et de la LNB Philippe Ausseur, l’Union des clubs professionnels de basket (UCPB) demandait que la situation des abandons de créances fasse l’objet d’éclaircissements et que toute éventuelle réintégration de Monaco soit accompagnée de garanties « fermes, vérifiables et opposables ». MM. Hunckler et Ausseur n’ont pas répondu aux sollicitations de Nice-Matin. Quant à la « luxury tax » qui posait également question dans le courrier du président Michel Gobillot de l’UCPB, celle-ci a été incluse dans le projet de budget soumis à la LNB.
Un budget 2026-2027 en construction, sans investisseur principal
L’autre volet du dossier concerne le budget 2026-2027. Maître Xavier Le Cerf-Galle, l’avocat du club, indique que l’objectif est désormais de bâtir un budget d’environ 12,5 millions d’euros. Selon les éléments transmis, 2 millions d’euros sont déjà acquis, au titre notamment du sponsoring et d’indemnités de transfert. À cela s’ajouteraient entre 1,5 et 1,9 million d’euros de recettes projetées grâce à la billetterie et aux abonnements, sans compter les recettes des offres VIP, de la buvette, du merchandising et des sponsors en attente, dont l’équipementier. Toutes ces garanties ont été fournies à la DNCCG.
L’avocat de l’AS Monaco résume ainsi la position du club : « Les actionnaires historiques ont effectué les abandons nécessaires sur leurs comptes courants au 30 juin 2026 et proposent désormais de céder 90 % du capital du club pour un euro symbolique, afin de permettre à un nouvel investisseur d’entrer dans la société dans des conditions présentées comme optimales. »
Reste un élément majeur : le projet de reprise initialement mis en avant autour de Jamal Mashburn a été fragilisé par la défaillance de son principal partenaire financier, qui n’a pas respecté ses engagements dans les délais. C’est dans ce contexte qu’un autre projet avait vu le jour autour de l’association de Benjamin Erisoglu et Romain Goiran, avec semble-t-il notamment l’entourage de l’ex-footballeur star Ronaldinho. Des éléments transmis à la presse au sujet de la star brésilienne sans véritable fondement vraiment clair autour de son intervention et de son rôle pour quelconque engagement concret.
Autrement dit, à ce jour, l’avenir de l’ASM semble reposer sur des accords signés avec des sponsors, des donateurs et de potentiels actionnaires minoritaires. Mais pas d’investisseur principal officiellement annoncé, du moins ce lundi soir.
Le club assure fonctionner normalement
Autre argument avancé à l’aube de l’audition : le club assure fonctionner normalement. Les salaires de juillet ont été versés en avance. Les cotisations sociales dues au titre du mois de juillet ont été intégralement réglées, tout comme les primes d’assurance obligatoire contre les accidents du travail. Plus significatif encore, les salaires du mois d’août ont été versés dès ce lundi, Oleksiy Yefimov ayant personnellement garanti la trésorerie dans l’attente des recettes de sponsoring dont le paiement est suspendu à l’engagement en Betclic Elite.
C’est donc avec un dossier sensiblement différent de celui présenté lors des précédentes étapes de la procédure que Monaco se présentera en début d’après-midi devant le collège des conciliateurs. Après plusieurs semaines de rebondissements, l’audition de ce mardi pourrait donc constituer un tournant. Le CNOSF ne décidera pas directement de la participation de Monaco au championnat, mais son avis dans le cadre de la conciliation, qu’il pourrait rendre dans la soirée ou demain matin, pourrait peser lourd dans la suite de la procédure. Pour la Roca Team, l’enjeu est désormais simple : convaincre que le club n’est plus celui dont la situation financière avait conduit les instances à refuser son engagement, mais une structure assainie, financée et capable de tenir l’intégralité de la saison 2026-2027, voire au-delà.



