Un escroc condamné pour avoir arnaqué des seniors sur la Côte basque
Au guidon de son scooter, un homme de 37 ans a été reconnu coupable d'avoir systématiquement escroqué des personnes âgées sur la Côte basque en simulant de faux accidents. Ce jeudi 26 février, le tribunal judiciaire de Bayonne l'a condamné à 6 mois de prison ferme, aménageables sous bracelet électronique, pour 18 faits d'escroquerie, tentative d'escroquerie et vol par ruse.
Un mode opératoire ciblant les plus vulnérables
L'individu, dont l'identité n'a pas été divulguée, visait spécifiquement les personnes âgées, en particulier les femmes de plus de 80 ans. Son stratagème était toujours le même : il prétendait avoir été percuté par leur véhicule, provoquant la panique chez ses victimes. Profitant de leur désarroi, il leur réclamait alors de l'argent pour soi-disant éviter un constat et les conséquences sur leur permis de conduire.
Les montants extorqués variaient considérablement :
- Entre 10 et 160 euros pour la plupart des victimes
- 525 euros retirés au distributeur par l'une d'entre elles
- Jusqu'à 1 500 euros pour une nonagénaire qui l'avait invité chez elle
Dans ce dernier cas, l'escroc avait modifié le montant sur son terminal de paiement électronique alors que la victime croyait ne régler que 65 euros.
Dix-sept victimes identifiées par la police judiciaire
Le groupe d'atteinte aux biens du service local de police judiciaire de Bayonne a identifié 17 victimes de ces escroqueries, commises entre le 17 août 2025 et le 2 février 2026. Plusieurs d'entre elles étaient présentes à l'audience pour témoigner de leur traumatisme.
L'enquête a débuté en septembre après qu'un homme âgé a signalé le vol de son portefeuille contenant sa carte bancaire et 250 euros. L'escroc s'était introduit chez lui en prétextant changer son compteur électrique. Ce délit a permis aux enquêteurs de recouper les différentes plaintes et d'identifier un seul et même auteur pour l'ensemble des faits.
« Il a joué sur la peur »
À l'audience, le procureur Jean-François Dobeli a souligné la gravité des actes : « Pour certaines victimes, il a joué sur la peur. Si vous ne savez pas quoi faire, je vous invite à vous rendre utile à la société, en aidant des associations caritatives par exemple, plutôt que d'escroquer nos grands-mères ». Il avait requis 12 mois de prison, dont 6 avec sursis.
Le prévenu a reconnu l'intégralité des faits, déclarant : « Je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça. Moi-même, je n'aimerais pas qu'on le fasse à ma grand-mère ». Il a expliqué s'ennuyer chez lui pendant que sa femme travaille et que son enfant de 3 ans est à l'école.
Un parcours de vie difficile
L'avocat de la défense, Me Benjamin Duprat, a présenté son client comme « un pauvre garçon, d'un point de vue financier, moral et intellectuel ». Déscolarisé très jeune, l'homme est analphabète et n'a jamais appris à lire ou écrire. « C'est compliqué de travailler pour lui car il est analphabète. Tout ce contexte ne justifie pas les faits mais peut expliquer pourquoi il a fait ça », a-t-il argumenté.
L'avocat a demandé une peine aménageable avec obligation de trouver du travail ou une formation pour apprendre à lire et écrire. Le tribunal a suivi cette proposition tout en maintenant la condamnation à 6 mois de prison ferme, aménageables sous bracelet électronique avec les obligations demandées par la défense.
Le préjudice total est estimé à environ 3 000 euros pour l'ensemble des victimes de cette escroquerie qui a durablement marqué la communauté des seniors de la Côte basque.



