Antibes : parents condamnés pour négligences graves, larve de blatte retrouvée
Antibes : parents condamnés pour négligences avec larve de blatte

Des conditions de vie indignes révélées par l'école

Le tribunal de Grasse a condamné ce mercredi Justine L. et Dylan B., domiciliés à Antibes, à 12 mois d'emprisonnement avec sursis probatoire pour mauvais traitements sur leurs deux enfants âgés de 5 ans et demi et quelques mois. Les faits, d'une gravité rare, ont été mis au jour en novembre dernier grâce à l'alerte donnée par l'école maternelle de la petite M.

Le 18 novembre, l'ATSEM remarque que l'enfant, âgée de 5 ans et demi, est gênée par son collant mis à l'envers. En l'aidant, elle découvre l'état déplorable de ses pieds : ongles noirs, saleté accumulée, et même une larve de blatte entre les doigts. Depuis des mois, le personnel enseignant signalait la saleté de l'enfant, de ses affaires, et une forte odeur corporelle. La petite présentait également de sérieux retards d'expression orale, peinant à articuler et former des mots.

Un appartement insalubre et des parents déjà condamnés

Les images projetées lors de l'audience montrent un appartement envahi par les cafards, des placards et un réfrigérateur remplis de produits périmés, de la vaisselle sale s'accumulant, et des excréments jonchant le sol. L'odeur y est décrite comme indescriptible. Fait inédit, le couple avait déjà été condamné pour des faits similaires sur leurs deux premiers enfants par le tribunal de Digne quelques années auparavant.

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À la barre, Justine L., soigneusement coiffée et habillée, s'exprime d'une voix claire mais ne peut retenir ses sanglots. Elle explique avoir fait une dépression après la naissance de son dernier enfant et être restée dans le déni : « J'ai baissé les bras, je ne me sentais plus capable. » Son compagnon, Dylan B., reste silencieux dans le box vitré avant d'avouer n'avoir pas voulu voir l'horreur.

Des réquisitions sévères et une condamnation mesurée

Le procureur Julien Pronier a requis le retrait total de l'autorité parentale, soulignant que « la santé des enfants a été compromise ». La présidente Laurie Duca a rappelé : « Quatre petits malheureux, il n'y a que ça que je retiens dans ce dossier. » Maître Sandrine Martinez, représentant les enfants via la Fondation de Nice, a dénoncé une « carence parentale totale » : « J'ai l'impression de voir des enfants qui ont eu des enfants. »

Les avocats de la défense, Mes Agnès Albou et Fanny Lecadre, ont plaidé la prise de conscience de leurs clients. Le tribunal a finalement condamné les parents à 12 mois d'emprisonnement avec sursis probatoire, assortis d'une injonction de soins et d'un suivi tous les quatre mois par un juge d'application des peines. L'autorité parentale n'a été retirée que pour les décisions relatives à la santé des enfants. Le sort des enfants, actuellement placés, sera tranché par un juge des enfants.

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