Ancien policier jugé pour escroquerie de 200 000 € sur site de rencontre
Ancien policier jugé pour escroquerie de 200 000 €

Un ancien policier adjoint de 26 ans, actuellement suspendu, a comparu lundi 27 avril devant le tribunal correctionnel de Périgueux pour une escroquerie d'envergure. Le procureur de la République, Jacques-Edouard Andrault, a qualifié l'affaire de « lamentable », soulignant que le prévenu a « sali l'uniforme » en abusant de la confiance que son métier devait inspirer.

Une escroquerie aux multiples facettes

Les faits remontent à février 2023, lorsque le policier adjoint entre en contact avec un quinquagénaire périgordin sur un site de rencontre pour personnes homosexuelles. Rapidement, les échanges deviennent quotidiens, avec jusqu'à 15 appels par jour, et les premiers dons d'argent liquide commencent à affluer. Le prévenu, décrit comme un « gaillard », a investi la totalité des sommes perçues dans le jeu et les paris sportifs, notamment sur des matchs de basket de NBA. « J'étais devenu esclave du jeu. Je rentrais chez moi, j'enlevais mon uniforme, je m'enfermais dans les toilettes et je pariais jusqu'à 2 ou 3 heures du matin », a-t-il déclaré à la barre.

Chantage affectif et mensonges

Face aux premières résistances de la victime, le prévenu a amplifié ses mensonges. Il a reconnu avoir usé de chantage affectif et même de chantage au suicide pour obtenir ce qu'il voulait, tout en précisant que ces menaces étaient « du pipeau ». L'avocat de la victime, Me Olivier Descriaux, a souligné que son client s'est ruiné et doit aujourd'hui rembourser des prêts bancaires et à la consommation. C'est sous la pression de son banquier que le quinquagénaire, un élu local, a déposé plainte le 13 mai 2025.

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La défense plaide une relation trouble

Me Réda Hammouche, avocat de la défense, a pointé du doigt « une machine un peu sale et un peu malsaine ». Il a suggéré que l'absence de la victime à l'audience pourrait être une façon d'éviter des questions gênantes. Selon lui, l'absence de contrepartie avouée au versement d'argent liquide laisse penser à une relation de nature sexuelle. « Ils ont fait une sorte d'armistice afin d'édulcorer tout ça », a-t-il avancé.

Regrets et promesses de remboursement

Le prévenu, aux états de service pourtant irréprochables, a exprimé ses regrets : « Je regrette d'être entré dans sa vie et de la lui avoir gâchée ». Il a promis de rembourser jusqu'au dernier centime sur une période de quinze ans, ajoutant avoir fait cette promesse à sa mère. Il a également présenté ses excuses à l'administration pour son comportement.

Réquisitions sévères du procureur

Le procureur n'a pas fait preuve de clémence, requérant deux ans de prison dont un avec sursis probatoire, ainsi que l'interdiction définitive d'exercer une fonction publique. Ces réquisitions s'appuient sur deux autres éléments : le recours à la prostitution et la consultation de fichiers de police, notamment le fichier des permis de conduire, au bénéfice de son entourage.

Le délibéré sera rendu lundi 8 juin à 13 h 30. Par souci de protection de la vie privée, l'identité de la victime n'a pas été divulguée.

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