Un ancien abbé suspecté de violences sexuelles dans les années 1970 : appel à témoignages lancé par trois diocèses
Ancien abbé suspecté de violences sexuelles : appel à témoignages

Un appel à témoignages historique lancé par trois diocèses français

Les autorités ecclésiastiques de trois diocèses français ont pris une initiative conjointe et solennelle en lançant un appel public à témoignages concernant l'abbé Pierre Jeanvoine, prêtre aujourd'hui décédé, suspecté de violences sexuelles sur mineurs commises entre les années 1950 et 1970. Cette démarche inédite implique les diocèses de Nice, Fréjus-Toulon et Saint-Dié dans les Vosges, démontrant une volonté de transparence et de reconnaissance institutionnelle face à des faits anciens mais toujours douloureux.

Un parcours ecclésiastique entre Vosges et Côte d'Azur

L'alerte initiale a été donnée suite à un témoignage récent concernant des faits survenus dans les Vosges à la fin des années 1960. Cependant, l'enquête a révélé que le parcours de l'abbé Jeanvoine s'est principalement déroulé sur la Côte d'Azur. Le prêtre s'est installé à Saint-Raphaël en 1968, où il a dirigé une manécanterie pendant sept années complètes, avant de rejoindre Antibes puis Nice en 1975. Ces différentes affectations au sein de structures impliquant des enfants, notamment des chorales, ont motivé l'extension géographique de l'appel à témoignages.

Une démarche de vérité malgré la prescription

Le père Marc Antoine, curé de la paroisse de Saint-Raphaël, a souligné avec gravité l'importance capitale de cette démarche : « S'il y a des victimes, c'est important qu'elles puissent être reconnues [...] parce que ça serait une double peine qu'elles ne puissent pas l'être ». Bien que les faits soient juridiquement prescrits et que l'auteur présumé soit décédé, les évêques concernés estiment essentiel d'offrir une reconnaissance institutionnelle et une libération de la parole pour des victimes potentielles aujourd'hui âgées, qui pourraient porter ce fardeau depuis des décennies.

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Coordination exceptionnelle entre diocèses

Magali Menut, responsable de la cellule d'écoute du diocèse de Fréjus-Toulon, précise que cette initiative conjointe de Mgr François Touvet (Toulon) et de Mgr Jean-Philippe Nault (Nice) vise à identifier toute personne ayant été victime ou ayant eu connaissance de tels agissements dans la région. « Les trois évêques se sont joints [...] parce qu'il serait possible qu'il y ait d'autres victimes. C'est pour les aider à pouvoir être reconnues dans l'Église », explique-t-elle avec une sincérité remarquable.

Dispositifs d'écoute activés dans le Var et les Alpes-Maritimes

Dans les Alpes-Maritimes comme dans le Var, des dispositifs d'écoute spécialisés ont été activés pour recueillir ces témoignages en toute confidentialité et avec le plus grand respect des personnes concernées. Pour le diocèse varois, cette cellule a déjà permis d'entendre une quarantaine de personnes en cinq ans pour diverses affaires similaires, démontrant une expérience significative dans l'accompagnement des victimes.

Les victimes ou témoins peuvent contacter les services dédiés par les moyens suivants :

  • Pour le Var : victimes@diocese-frejus-toulon.com ou au 06.81.38.60.74
  • Pour les Alpes-Maritimes : ecoute.souffrance@nice.catholique.fr

Cette initiative représente une étape importante dans la politique de transparence de l'Église catholique française concernant les affaires de violences sexuelles sur mineurs, même lorsque les faits remontent à plusieurs décennies. La coordination entre diocèses géographiquement éloignés montre une volonté institutionnelle de traiter ces questions avec sérieux et compassion, en donnant priorité à la reconnaissance des souffrances endurées par les victimes potentielles.

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