Un conflit de voisinage dégénère en violence armée près de Montpellier
Le dimanche 23 novembre dernier, une violente altercation entre un chasseur et un riverain a tourné au drame sur le site naturel des Salines de Villeneuve-lès-Maguelone, à proximité de Montpellier. Un homme a été blessé par des impacts de plombs au torse, à la main et au poignet suite à un coup de feu tiré lors de la confrontation.
Un contentieux qui remonte à plusieurs semaines
Pour comprendre l'origine de cette escalade, il faut remonter une semaine plus tôt. La gestionnaire d'un centre équestre voisin avait déjà porté plainte contre des chasseurs dont les tirs, selon elle, affolaient régulièrement ses chevaux et faisaient retomber des plombs sur son terrain. Lors de cet incident précédent, des menaces avaient été proférées, dont celle de "tout raser avec un bulldozer".
Lorsque le même groupe est revenu chasser le lapin dans le secteur le 23 novembre - une activité pourtant autorisée sur ce territoire - le compagnon de la gestionnaire a décidé de les confronter. C'est cette rencontre qui a dégénéré en violence.
Deux versions contradictoires devant le tribunal
Le jeune chasseur de 35 ans, titulaire de son permis depuis l'âge de 16 ans, a comparu libre devant le tribunal correctionnel de Montpellier le 13 mars. Il est poursuivi pour violence aggravée, menace réitérée de dégradation et détention d'arme sans déclaration.
Devant la cour, le prévenu a tenté d'expliquer son geste : "J'ai tiré sur la gauche, dans la panique. Comme un tir de défense mais à trois mètres à côté de lui. C'est en frappant l'enrobé de la route qu'il y a eu des ricochets".
Des échanges particulièrement tendus
L'audience a révélé des éléments accablants contre le chasseur. La présidente du tribunal a notamment rappelé une insulte prononcée quelques minutes avant le tir : "Tiens ta femme en laisse". Elle a également interrogé le prévenu sur sa consommation de cannabis la veille des faits, soulignant l'incompatibilité avec la pratique de la chasse.
L'assesseur a quant à lui soulevé une incohérence technique : "Vous nous dites que vous étiez à trois mètres mais on sait que la dispersion débute à cinq mètres avec ce type d'armes".
Une perquisition révélatrice
Lors de la perquisition à son domicile, les enquêteurs ont saisi :
- Un fusil Robust à double canon
- Une carabine non déclarée
Ces armes, héritées de son grand-père, n'avaient pas fait l'objet des déclarations réglementaires.
Une audience reportée dans la tension
La défense a vivement réagi aux questions techniques posées par le tribunal, demandant une expertise balistique et une reconstitution des faits. L'avocat du prévenu a même sollicité un renvoi, le second dans ce dossier.
Face à l'absence de sérénité des débats, la présidente a confirmé le report de l'audience. Toutes les parties se retrouveront donc en juin pour une troisième audience. En attendant, le prévenu reste libre sous contrôle judiciaire avec des mesures restrictives :
- Interdiction de chasser
- Interdiction de paraître aux alentours du centre équestre
La victime, quant à elle, a dû être conduite à l'hôpital et opérée pour extraire les corps étrangers de plomb. Cet incident dramatique illustre les tensions récurrentes entre chasseurs et riverains dans certaines zones rurales, où les activités traditionnelles entrent parfois en conflit avec les préoccupations des habitants.



