Une Alsacienne jugée pour avoir tué un lynx protégé en voulant sauver sa poule
Alsacienne jugée pour avoir tué un lynx protégé

Une Alsacienne devant la justice pour la mort d'un lynx protégé

Une habitante de Niederbronn-les-Bains, dans le Bas-Rhin, âgée de 63 ans, a comparu devant le tribunal correctionnel de Strasbourg vendredi 27 mars 2026. Elle est accusée d'avoir causé la mort d'un jeune lynx boréal, une espèce strictement protégée, en le frappant à coups de bâton. Les faits remontent au 18 octobre 2024, selon les informations rapportées par L'Est républicain.

Le drame d'une poule à sauver

Ce jour-là, la sexagénaire a surpris le félin sauvage avec sa poule dans la gueule. Voulant sauver sa volaille, elle a roué de coups l'animal avec un bâton. Le lynx, gravement blessé, est mort quelques heures plus tard. Le lynx boréal est le seul grand félin sauvage présent en France hexagonale, classé comme espèce menacée et bénéficiant d'une protection rigoureuse au niveau européen.

En France, tuer un lynx est un délit passible de sanctions sévères : jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 150 000 euros d'amende. Cette affaire soulève des questions sur la cohabitation entre l'homme et la faune sauvage, particulièrement dans les zones rurales.

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La défense de l'accusée : "Pour moi, c'était un chat"

À la barre, l'Alsacienne a présenté sa version des faits. Elle a expliqué ne pas avoir reconnu l'animal comme un lynx, affirmant : "Pour moi, c'était un chat. En Thaïlande où je suis née, il n'y a pas de lynx". Elle a ajouté : "Je ne voulais pas lui faire de mal", insistant sur son intention de protéger sa poule dans un moment de panique.

Cependant, cette justification n'a pas convaincu la présidente du tribunal, qui a rétorqué : "Vous avez déjà vu des chats qui attaquent les poules ?". La magistrate a mis en doute la crédibilité de cette explication, suggérant que la différence de taille et de comportement entre un chat domestique et un lynx aurait dû être évidente.

Les réquisitions du parquet

La procureure, Priscille Cazaux, a soutenu que l'accusée s'était bien rendu compte qu'il ne s'agissait pas d'un chat. Selon elle, dans l'urgence, la sexagénaire aurait intentionnellement porté ses coups "dans une zone létale", visant à neutraliser l'animal. La magistrate a requis une peine de quatre mois de prison avec sursis, assortie d'un avertissement judiciaire.

Le tribunal doit rendre son délibéré le 20 mai 2026. Cette affaire illustre les tensions potentielles entre la protection des espèces menacées et les réactions instinctives des habitants face à des situations imprévues impliquant la faune sauvage.

Le lynx boréal, réintroduit dans certaines régions françaises, reste fragile. Sa population est estimée à environ 150 individus en France, principalement dans le Jura et les Vosges. Des incidents comme celui-ci rappellent l'importance de la sensibilisation du public à la présence de ces animaux protégés et aux comportements à adopter en leur présence.

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