Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a annoncé dimanche le rétablissement de la peine de mort pour les personnes reconnues coupables d'incendies volontaires. « Personne ne peut faire plier l'Algérie », a-t-il lancé, avant d'ajouter : « On réinstaure la condamnation à mort pour les pyromanes ». Il a précisé que « il y aura exécution » une fois les voies de recours épuisées pour les condamnés, dans des images retransmises à la télévision.
Un moratoire suspendu après des incendies dévastateurs
Cette décision intervient alors que le pays, qui observe un moratoire sur la peine de mort depuis 1993, est confronté à des incendies meurtriers ayant ravagé l'est et le nord du territoire. Depuis mercredi soir, de nombreuses vidéos des incendies ont été diffusées sur les réseaux sociaux, notamment par des citoyens bloqués par les flammes dans cette région à la fois côtière et montagneuse, connue pour ses paysages paradisiaques.
En réponse à cette tragédie, l'Algérie a décrété un deuil officiel de trois jours et l'annulation de toutes les festivités culturelles et compétitions sportives. Les autorités ont indiqué que plusieurs personnes soupçonnées d'avoir allumé des feux avaient été arrêtées.
Un bilan humain encore incertain
Jusqu'ici, au moins 12 personnes sont mortes en Algérie en lien avec de violents feux de forêt près de Béjaïa, Jijel et Tizi-Ouzou. Cependant, des sources locales craignent que le nombre de victimes ne soit beaucoup plus élevé, comme le laisserait à penser le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudène, qui a indiqué vendredi que le bilan était « très lourd », sans pour autant donner un chiffre précis.
Ces incendies ont provoqué une vive émotion dans le pays. Une foule a assisté à l'enterrement collectif de victimes dans un des cimetières de Jijel, selon des images diffusées par la télévision et des sites locaux.
Indemnisation des victimes et modification du Code pénal
Le président algérien a par ailleurs promis que les victimes ayant perdu maisons, meubles, électroménager, cheptels ou arbres fruitiers seraient entièrement indemnisées par l'État avant le 15 septembre. S'adressant au ministre de la Justice lors d'une réunion consacrée aux feux, en présence de hauts responsables civils et militaires, le chef de l'État algérien a ordonné « une modification du Code pénal » avant le 15 septembre.
Abdelmadjid Tebboune a demandé que le projet pour la peine de mort passe par le gouvernement, puis que le Parlement l'étudie « rapidement ». Cette mesure marque un tournant dans la politique judiciaire du pays, qui n'avait pas exécuté de condamnation à mort depuis plus de deux décennies.



