Zanzibar, une destination à la mode mais pas sans risques
L'île de Zanzibar est souvent présentée comme une destination paradisiaque et sécurisée pour les touristes. C'est précisément cette image qui a poussé Arnaud et Andréa, un couple franco-canadien originaire du Sud Gironde mais installé au Canada, à choisir cette île pour une étape de leur tour du monde familial. Avec leurs deux enfants âgés de 7 et 9 ans, ils avaient initialement prévu un safari en Afrique du Sud avant d'opter pour Zanzibar, jugée plus sûre.
Deux semaines idylliques avant le drame
La famille a passé deux semaines « idylliques » sur l'île, entre plages de sable fin et découverte des petits villages traditionnels. « Nous avons reçu un accueil chaleureux de la population locale », raconte Arnaud. C'est durant ce séjour qu'ils ont sympathisé avec un chauffeur de taxi qui leur proposait des tarifs intéressants pour des excursions. « Cette pratique est courante à Zanzibar, les chauffeurs abordent souvent les touristes pour leur proposer des activités », précise le père de famille, qui venait de passer plusieurs semaines en Égypte et au Maroc sans incident.
Le transfert qui tourne au cauchemar
Le 13 novembre, au moment de leur transfert entre deux hébergements, leur contact se présente avec un autre homme dans un taxi blanc officiel, typique de l'île. Bien que méfiant, Arnaud suit le trajet en temps réel sur son téléphone. En cours de route, le chauffeur annonce qu'il doit récupérer deux collègues pour les déposer à leur agence de voyages. Une explication qui ne semble pas inquiéter le couple, habitué à ce genre de pratiques en Afrique.
Mais la situation dégénère brutalement lorsque le taxi change soudainement de direction, prétextant vouloir éviter le trafic, et s'arrête dans un petit chemin isolé au milieu des bois. « J'avais un homme de chaque côté et ils m'ont pris par les bras. Notre contact, le seul qui s'exprimait et qui avait l'air d'être le chef, nous a dit qu'il était de la mafia et que tout se passerait bien si on coopérait », témoigne Arnaud, encore sous le choc.
Un scénario très organisé
Face à la menace, le couple ne résiste pas. « Je n'allais pas essayer de faire le héros », confie Arnaud. Les agresseurs s'emparent alors de toutes leurs cartes de crédit et le « chef » part retirer de l'argent au village le plus proche. Pendant ce temps, à l'intérieur du taxi aux vitres teintées, les criminels prennent soin de mettre la musique à fond pour couvrir d'éventuels cris et disposent les gros sacs à dos des touristes devant eux lorsqu'un passant s'approche. « C'était très organisé », insiste Arnaud.
Un préjudice de 13 000 euros
L'agression dure six longues heures, durant lesquelles la famille vit dans l'angoisse constante. En plus du vol d'argent liquide, les agresseurs dérobent leurs téléphones et leur matériel électronique. Le préjudice total est évalué à environ 13 000 euros. Quand ils sont finalement abandonnés au milieu des bois, c'est « un gros soulagement d'être encore en vie », souffle Arnaud.
Le difficile retour à la normale
Sous le choc, la famille fait du stop jusqu'au village le plus proche et renonce à l'étape initialement prévue, connue de leurs agresseurs. Ils se réfugient dans le premier hôtel où ils avaient séjourné. Heureusement, ils conservent leurs passeports et leurs cartes de crédit canadiennes, ce qui leur permet d'organiser rapidement leur retour en France le 16 novembre.
En décembre, ils déposent une plainte à distance. Trois mois après les faits, la famille reste profondément traumatisée. « Le premier taxi qu'on va prendre, il y aura forcément une appréhension », admet Arnaud. Malgré tout, ils ne veulent pas laisser cet épisode gâcher leur projet de tour du monde, mûri de longue date. Après une pause auprès de leurs proches en France, ils prévoient de reprendre leur voyage en Asie avant de rentrer à Montréal en juin.
Ce témoignage poignant met en lumière les risques parfois sous-estimés dans des destinations touristiques réputées sûres, et rappelle l'importance de rester vigilant même lorsque tout semble se dérouler parfaitement.



