Un homme de 23 ans, en formation militaire à l'école de Saint-Mandrier, a été condamné à cinq ans de prison, dont deux fermes, pour une agression sexuelle commise en mai 2026 sur une femme de 44 ans à bord de son bateau. Le tribunal correctionnel de Toulon a rendu ce verdict après que la victime a relaté son calvaire.
Une nuit de cauchemar à bord du bateau
Anna (prénom modifié), chef d'entreprise originaire des Pyrénées, a découvert le visage de son agresseur dans la salle d'audience. Elle a raconté la nuit du 25 mai 2026, alors qu'elle profitait de vacances à Saint-Mandrier avec des amis. « Cette nuit-là, je me suis couchée vers 3 h 40 du matin. Mes amis dormaient dans d'autres cabines. J'étais en plein sommeil lorsque j'ai été réveillée par sa langue entre mes jambes », a-t-elle déclaré, la voix tremblante.
Jean-Jacques, originaire de Nouméa, avait pénétré discrètement à bord du bateau amarré au port, s'était rendu dans sa cabine, lui avait retiré son short et lui avait infligé un acte sexuel. « J'ai hurlé, il m'a dit "Pardon, Madame", puis il a pris la fuite », a ajouté la mère de deux enfants. Elle a poursuivi son agresseur sans le rattraper, se blessant au passage, ce qui lui a valu deux jours d'ITT.
Un prévenu amnésique mais des preuves accablantes
Depuis les faits, Anna dit aller très mal : « Je n'arrive plus à me concentrer, je fais des crises d'angoisse en permanence. Je suis suivie et sous antidépresseurs. » Face à la présidente du tribunal, Marie-Laure Arnouil, le prévenu a invoqué l'amnésie : « Oui, mais j'avais bu, je ne me souviens de rien. » Interrogé sur sa présence sur le bateau, il a répondu : « Je cherchais de l'alcool, peut-être… Je sais plus. »
Le suspect n'a été appréhendé qu'un mois après les faits, au sein même de l'école militaire, puis exclu de l'établissement. L'affaire a été « correctionnalisée » avec l'accord de la plaignante, évitant une cour d'assises où il aurait pu comparaître pour viol. La procureure a promis d'être « intransigeante » : « C'est un individu qui agit par pulsions, c'est un prédateur sexuel, il est dangereux. »
Des vidéos qui contredisent sa version
Le prévenu a affirmé être « monté sur un bateau au hasard », mais les images de vidéosurveillance ont montré qu'il avait échangé brièvement avec sa future victime. Anna a raconté : « Nous l'avons croisé sur le quai. Il nous a dit qu'il était invité sur un bateau, puis il est revenu énervé en disant qu'ici, les gens n'aimaient pas les personnes de couleur. » La présidente a fustigé : « Elle se pensait en sécurité, dans sa chambre, dans un lieu privé. Et en plus de cela, elle repartira de cette audience sans comprendre pourquoi cela lui est arrivé à elle. Sans aucune explication de votre part. »
Me Noémie Place, partie civile, a dénoncé « des faits abominables » et critiqué la position du prévenu : « Il dit ne pas se rappeler. Mais lors de sa garde à vue, il n'était pas si amnésique. Avant de fuir, il lui a dit "pardon". Il savait très bien que ce qu'il faisait était interdit ! La vie de ma cliente a complètement changé depuis cette agression. »
La défense plaide l'humanité, le tribunal condamne
Me Jonas Morvan, pour la défense, a tenté d'humaniser le prévenu : « Il avait bu à outrance, et a un trou noir. C'est un jeune homme qui a été élevé au sein d'une famille aimante, chrétienne, et qui aspirait à une carrière militaire. » Il a également critiqué la procédure : « Il n'y a eu qu'une seule audition. S'il y en avait eu d'autres, les explications auraient pu être plus poussées ! »
Le tribunal a reconnu le jeune homme coupable et l'a condamné à cinq ans d'emprisonnement, dont deux fermes, avec maintien en détention. Cette condamnation vise à répondre à la gravité des faits et au traumatisme subi par la victime, qui pourra désormais tenter de se reconstruire.



