Un homme de 31 ans a été jugé ce jeudi 12 juin devant le tribunal correctionnel d'Alès, dans le Gard, pour une agression sexuelle commise en mars 2022. Il a été condamné à quatre ans de prison, dont deux avec sursis probatoire, et a été immédiatement incarcéré.
Les faits remontent à la nuit du 7 au 8 mars 2022
Ce soir-là, le prévenu rencontre une femme de 37 ans dans un bar du centre-ville d'Alès. Fatiguée et ayant bu de l'alcool, elle accepte qu'il la raccompagne. Finalement, ils se retrouvent chez lui, dans la Grand-rue. La fille de la victime témoigne avoir reçu deux appels de sa mère cette nuit-là : peu avant minuit, où elle l'entend repousser les avances d'un homme, puis une demi-heure plus tard, où elle perçoit ses pleurs. La victime ne quitte l'appartement que vers 5 heures du matin. Le 8 mars à midi, elle déclare aux policiers avoir été retenue et agressée sexuellement.
Un prévenu au casier judiciaire chargé
Le trentenaire n'en est pas à son premier contact avec la justice. Il compte cinq condamnations, dont une à huit ans de prison prononcée par la cour d'assises des mineurs du Gard en février 2013 pour une attaque à main armée en 2011. Cette récidive a été retenue lors du procès.
À la barre, l'homme nie avoir caressé le sexe de la victime, l'avoir violentée ou s'être frotté contre elle. Volubile et excentrique, il interrompt la juge rapporteur et remet en cause son impartialité. Il affirme : "Moi, je ne mens pas !" Il reconnaît avoir tenté de l'embrasser et lui avoir mis la main aux fesses, car son ADN a été retrouvé sur sa jupe, mais soutient qu'"à la maison, on n'a rien fait". Il dénonce un complot et déclare : "Mon tort est d'avoir accepté chez moi quelqu'un que je ne connais ni d'Ève ni d'Adam." Il précise que la victime était enfermée, mais que la clé était près de la porte.
La victime absente, traumatisée
Me Claire Sadoul, avocate de la partie civile, explique l'absence de sa cliente : "Le simple fait de parler de cela, elle tremble, elle pleure. On en est encore là !" Elle révèle que la victime a tenté de se suicider pendant l'instruction. L'avocate s'interroge sur ce qui s'est réellement passé et évoque l'hypothèse d'un viol.
Le ministère public se montre sévère : "Il a eu un mépris total de son consentement. Il ne fait aucun doute que Monsieur a commis les faits qui lui sont reprochés." Le parquet requiert quatre ans de prison, dont deux avec sursis probatoire, avec mandat de dépôt.
Une condamnation à la hauteur des réquisitions
Après les plaidoiries, le prévenu prend la parole en dernier, dénonçant une justice disproportionnée. Le président suspend l'audience pour délibération. À 18h40, le tribunal rend sa décision, suivant les réquisitions : quatre ans de prison, dont deux avec sursis probatoire, et mandat de dépôt. Le condamné est menotté et conduit à la maison d'arrêt de Nîmes.



