Affaire des militaires disparus : la famille avait siphonné les comptes d’un mort
Affaire militaires disparus: famille siphonne comptes d'un mort

La famille récemment mise en examen pour traite d’êtres humains dans l’affaire des militaires disparus à Toulon est également soupçonnée d’avoir siphonné les comptes d’un homme retrouvé mort en 2022 à Fréjus. Les enquêteurs de la gendarmerie maritime ont découvert que le clan circulait à bord d’un utilitaire appartenant à Abderrezak Boukhlifa, 69 ans, dont le corps a été découvert le 8 septembre 2022 sur un terrain du secteur du Bonfin, une zone périurbaine proche du camp du 21e Régiment d’infanterie de marine.

Des retraits et paiements après le décès

Lors d’une perquisition le 30 janvier 2026 dans le logement des suspects à Toulon, les gendarmes ont retrouvé des papiers au nom d’Abderrezak Boukhlifa, notamment une assurance et une carte Vitale. En cherchant à localiser l’homme, ils ont découvert qu’il était décédé depuis plus de trois ans. L’examen de ses comptes bancaires a révélé que son identité avait été utilisée après sa mort : des retraits, des paiements aux péages, dans des fast-foods et pour des locations de véhicules avaient été effectués.

Deux mois avant sa disparition, l’un des comptes affichait un solde supérieur à 22 000 euros, probablement les économies d’une vie. Plusieurs chèques ont été émis au profit de l’ex-mari de la mère de famille, considérée comme la figure centrale du clan. L’écriture sur ces chèques pourrait correspondre à celle de cette quinquagénaire, selon les enquêteurs.

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Un lien avec les militaires disparus

La mère de famille est soupçonnée d’avoir réservé une chambre d’hôtel à Cassis avec l’un des militaires disparus en utilisant le moyen de paiement d’Abderrezak Boukhlifa. Ce détail interroge sur les liens entre l’homme retrouvé mort et la famille, aujourd’hui mise en examen pour séquestrations et violences commises contre plusieurs militaires à Fréjus et Toulon depuis 2011.

Le procureur a confirmé la découverte d’ossements « susceptibles de correspondre aux deux soldats disparus », Jacques Pakeso et Mike Gineste. La famille est également soupçonnée d’être impliquée dans la disparition de ces deux hommes.

Un terrain connu du clan

Lors de sa garde à vue, l’un des fils du clan a affirmé que la famille avait vécu un temps sur un terrain à Fréjus. Il pourrait s’agir du terrain du Bonfin, où Abderrezak Boukhlifa a été retrouvé sans vie. Le secteur, décrit comme « peu fréquenté » par des membres de la Fraternité blanche universelle installés sur le domaine voisin, est un endroit où l’on peut « tomber et mourir facilement », selon eux.

La famille connaissait bien les environs : la matriarche avait domicilié une activité de restauration rapide dans la zone proche du Capitou. Dans les années 2010, le clan avait également loué un appartement à Saint-Raphaël, dans le quartier de Boulouris, où les voisins se souviennent surtout du père de famille, « un militaire originaire des îles, costaud ».

Un point de chute à Saint-Raphaël

La famille a passé une partie du mois d’août 2022 chez une connaissance à Saint-Raphaël, avant que la dépouille d’Abderrezak Boukhlifa ne soit retrouvée le mois suivant par des chasseurs. Les voisins de l’immeuble du boulevard de la Mer décrivent un appartement « fourre-tout » où la famille venait surtout pour aller à la plage, et qui n’était pas leur résidence principale. Les clés ont été rendues il y a plusieurs années.

L’affaire, qui mêle disparitions de militaires, séquestrations et détournements de fonds, continue d’être instruite par les gendarmes maritimes de Toulon.

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