Affaire Jubillar : Me Martin réagit aux aveux surprise de Cédric
Affaire Jubillar : Me Martin réagit aux aveux surprise

Me Alexandre Martin, qui a assuré la défense de Cédric Jubillar avec Me Emmanuelle Franck lors du procès devant la cour d'assises du Tarn fin 2025, a réagi ce lundi 6 juillet 2026 aux aveux surprise de son ancien client. Après avoir clamé son innocence pendant près de cinq ans, Cédric Jubillar a finalement reconnu être l'auteur de la mort de son épouse Delphine, dont le corps n'a jamais été retrouvé. Ces confessions ont été révélées dans la presse ce matin.

Une surprise sur la forme et le fond

Interrogé par Midi Libre, Me Martin a déclaré : « Notre position, parce qu'elle est commune, avec Me Emmanuelle Franck, c'est la surprise. D'abord sur la forme, cet homme réserve ses confessions à la presse avant de les réserver à ses enfants et à la justice, donc j'ai été surpris ce matin. Et je suis surpris sur le fond parce que cet homme avait toujours clamé son innocence. »

L'avocat a souligné que la décision de son client lui appartenait : « Cette décision lui appartient, il a soulagé sa conscience. C'est très bien pour lui et c'est certainement très bien pour la famille, pour tous les proches, notamment pour les enfants. »

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Un dossier jugé fragile

Me Martin a expliqué qu'il n'avait jamais demandé à son client s'il était coupable ou innocent : « Dans la manière dont j'exerce mon métier, je ne demande pas à mes clients s'ils sont coupables ou innocents. Le client me dit ce qu'il a envie de me dire, et ensuite je confronte ses déclarations avec le dossier. Et manifestement les éléments qui figuraient dans le dossier qui nous était présenté ne nous permettaient pas de dire à cet homme : Monsieur, vous mentez. Sa position pouvait être tenue parce que ce dossier était fragile. »

Il a ajouté : « Aujourd'hui, il décide de combler le vide et de dire la vérité, très bien, c'est une décision qui lui appartient. Moi en tant qu'avocat, je ne suis pas là pour faire avouer ou pas avouer. J'ai un dossier, des déclarations et je peux plaider ou pas ce qu'il me demande de plaider. En l'occurrence, je pouvais le faire. »

Pas d'amertume, mais de la curiosité

Interrogé sur un éventuel sentiment d'amertume, Me Martin a répondu : « Non, je n'ai pas d'amertume, parce que j'ai beaucoup de respect pour mes clients. Cet homme avait fait un choix qui lui appartient, et moi j'ai fait mon métier en conscience. Aujourd'hui, c'est un autre dossier qui se présentera aux jurés et c'est aux nouveaux avocats de faire leur travail à leur tour. Je n'ai pas d'amertume, je ne reproche rien à cet homme, il ne me doit rien, ce n'est pas mon ami, je ne me sens pas trahi, c'est à lui d'expliquer le cheminement qui a été le sien et pourquoi il a menti pendant cinq ans. »

Il a également exprimé sa curiosité quant aux détails des aveux : « Je vais lire avec intérêt les aveux précis que cet homme, qui a décidé de coopérer, va faire, j'imagine qu'ils vont être circonstanciés et on verra ce qu'il va expliquer, et si la version qui nous a été vendue ce matin correspond à la vérité ou pas. Oui effectivement, j'ai une certaine curiosité de comprendre ce qui a pu se passer. »

Un nouveau chapitre judiciaire

Me Martin a conclu en rappelant que ce changement de stratégie de défense ne l'affectait pas personnellement : « Il a fait un choix de défense, nous étions d'accord avec ce choix de défense, aujourd'hui il a décidé de changer totalement et d'avouer les faits, sur le terrain moral, c'est lui qui voit, ça ne m'appartient pas, et moi je ne me sens nullement trahi. Je ne regrette rien. C'est un autre dossier, cela ne m'appartient plus, et je ne ferai aucun commentaire sur leur stratégie. »

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