Un conducteur biélorusse condamné à 7 ans pour 8 millions d'euros de drogue au Pays basque
7 ans de prison pour 8 millions d'euros de drogue au Pays basque

Une saisie record de stupéfiants au Pays basque

Ce lundi 16 mars, le tribunal judiciaire de Bayonne a rendu un verdict sévère dans une affaire de trafic international de stupéfiants. Aliaksandr Lazarevich, un conducteur biélorusse âgé de 31 ans, a été condamné à sept années d'emprisonnement pour le transport d'une quantité exceptionnelle de drogues, évaluée à près de 8 millions d'euros. Cette décision judiciaire intervient après une saisie majeure effectuée par les douanes françaises, la plus importante enregistrée dans la région depuis le début de l'année.

Le contrôle douanier qui a tout révélé

L'affaire remonte au mercredi 11 mars, lorsque la brigade des douanes d'Hendaye a procédé à un contrôle routier au péage de Biriatou, dans le Pays basque. Le camion conduit par Aliaksandr Lazarevich, qui revenait d'Espagne et se dirigeait vers le nord de l'Europe, a été inspecté. Grâce à l'intervention d'un chien spécialisé, les agents ont découvert, dissimulés parmi des palettes de rouleaux de films transparents, des cartons contenant une impressionnante cargaison de stupéfiants.

Les quantités saisies sont considérables : 276 kilogrammes de résine de cannabis, 690 kilogrammes de pollen de cannabis et 12,2 kilogrammes de cocaïne. La procureure de la République, Amandine Boyer, a qualifié cette saisie de « quantité astronomique avec une somme qui dépasse l'entendement », soulignant l'ampleur exceptionnelle de ce trafic.

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La défense du prévenu et les éléments accablants

Lors de son audition, Aliaksandr Lazarevich a présenté une défense empreinte d'émotion. Il a affirmé aux juges qu'il n'était « que le chauffeur », ignorant totalement la nature illicite de son chargement. Le prévenu a expliqué qu'il venait de changer d'emploi pour pouvoir « passer plus de temps » avec sa famille, comprenant sa compagne et ses deux filles âgées de 12 et 3 ans. Il a insisté sur le fait qu'il s'était « fait avoir », niant toute connaissance préalable.

Cependant, l'enquête menée par l'Office antistupéfiants (Ofast) de Bayonne a mis en lumière des éléments contradictoires. Dans le téléphone du conducteur, des échanges sur l'application cryptée Signal avec des individus identifiés sous les pseudonymes de « Big Ben » et d'autres interlocuteurs suggèrent fortement qu'il était au courant de la marchandise transportée. De plus, il aurait effectué deux autres voyages similaires en février et mars, renforçant les suspicions des autorités.

Le contexte professionnel et le verdict

La société de transport lituanienne pour laquelle travaillait Aliaksandr Lazarevich est connue des services de police pour son implication dans des trafics de stupéfiants. La présidente du tribunal, Héléna Formond-Eskenazi, a souligné lors de l'audience que « une marchandise d'une valeur de 8 millions d'euros ne peut être confiée qu'à une personne de confiance », remettant en cause les déclarations du prévenu.

Le ministère public avait requis sept ans de prison ainsi qu'une interdiction du territoire français pour une durée de dix ans. L'avocate de la défense, Me Floriane Herran, a plaidé la relaxe, arguant que son client « ne pouvait pas voir qu'il transportait du stupéfiant » et que l'enquête présentait des lacunes. Malgré ces arguments, les juges ont suivi les réquisitions du parquet.

En plus de la peine d'emprisonnement, Aliaksandr Lazarevich a été condamné à payer une amende douanière s'élevant à 7,8 millions d'euros. Cette affaire illustre la vigilance accrue des douanes françaises face aux réseaux de trafic international et les conséquences judiciaires sévères pour les contrevenants.

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