Cyril Guglielmino a été condamné à 22 années de réclusion criminelle pour le meurtre de sa compagne Rianne Kroeun, âgée de 22 ans. Les faits se sont déroulés dans la nuit du 9 au 10 août 2022, dans leur appartement. L'accusé, âgé de 29 ans, a toujours reconnu sa culpabilité tout en affirmant ne pas se souvenir du passage à l'acte. « Je mérite une peine. J'aimerais que Rianne soit en vie », a-t-il déclaré avant que les jurés de la cour d'assises de Lot-et-Garonne ne se retirent pour délibérer.
Un verdict légèrement en deçà des réquisitions
La présidente Nelly Emin a annoncé le verdict : 22 ans de réclusion criminelle, assortis d'un suivi socio-judiciaire avec injonction de soins pendant six ans. En cas de non-respect, l'accusé encourt jusqu'à cinq ans d'emprisonnement supplémentaire. Cette peine est légèrement inférieure aux 25 ans requis par l'avocate générale dans la matinée. « On ne peut pas dire que ce crime est arrivé par hasard », avait-elle souligné.
Les plaidoiries de la défense
Me Édouard Martial, avocat de la défense, a plaidé pour que l'on cesse de minimiser les actes de son client. « Les 42 coups de couteau ont été portés par lui. Jamais il n'est venu sur le terrain qui consistait à salir la victime. Vous vouliez quoi de plus ? Dans quel monde est-on, quelle impudeur, quelle indécence ? », a-t-il interrogé. Son confrère, Victor Casellas, a confié avoir redouté que ce procès n'ait lieu un jour, pensant que l'accusé pourrait se suicider. « Il assume, il est coupable. C'est le jeu de la justice de vouloir comprendre, mais on ne comprendra pas. C'est impardonnable et il ne sait pas quoi dire », a-t-il ajouté.
La douleur de la famille de la victime
Avant les plaidoiries, une photo de Rianne Kroeun souriant avec son chat a été projetée dans la salle. Me Sandrine Fournier, avocate de la famille, a décrit la jeune femme comme « toute frêle, qui dormait encore avec son doudou ». Elle a rapporté les propos de la mère de la victime : « Elle ne ressent plus de colère, tellement la tristesse a toute la place. » Me Pierre Dugast a dénoncé l'attitude de l'accusé, qui qualifie ce drame « d'erreur » dans une lettre à sa mère. « Cette amnésie n'existe pas, à mon sens. Soit il cherche à se protéger, soit il ne veut pas avouer ce qu'il a fait. Mes clients ont besoin d'entendre une peine exemplaire », a-t-il insisté.



