115 détenus de Nîmes portent plainte pour conditions inhumaines
115 détenus de Nîmes portent plainte contre Darmanin

Plus de 115 détenus de la maison d'arrêt de Nîmes ont annoncé leur intention de déposer une plainte pénale collective le 17 juillet contre l'État et le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, pour "non-assistance à personne en danger". Cette action en justice sans précédent dénonce des conditions de détention jugées inhumaines, marquées par une surpopulation carcérale extrême, une chaleur étouffante dans les cellules et un manque d'hygiène chronique.

Une surpopulation record dans la prison nîmoise

La maison d'arrêt de Nîmes, conçue pour accueillir 341 détenus, en héberge actuellement 810, soit près de 2,4 fois sa capacité. Environ 150 prisonniers dorment sur des matelas posés à même le sol, parfois à trois dans des cellules de 9 m². Ce taux d'occupation de 237 % place l'établissement parmi les plus surpeuplés de France. Les détenus ne disposent que de trois douches par semaine et les cellules, dépourvues de ventilation, deviennent de véritables fournaises en période de canicule.

Des températures ressenties jusqu'à 50°C

L'avocate des plaignants, Me Khadija Aoudia, a alerté sur les conditions de vie insupportables : "Les températures ressenties à l'intérieur des cellules peuvent atteindre 50 °C. Certains détenus font des détresses respiratoires, leurs codétenus craignent qu'ils décèdent pendant la nuit." Selon elle, la chaleur est exacerbée par l'absence de système de climatisation ou de ventilation efficace. Les détenus, privés d'air, doivent supporter des nuits étouffantes, ce qui aggrave les tensions et les risques sanitaires.

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Un an après le suicide de Benjamin Étienne

Cette initiative intervient un an après le suicide de Benjamin Étienne, 28 ans, incarcéré dans la même prison. Sa mère, témoignant auprès de France 3, a déclaré : "Il disait qu'il ne pouvait plus tenir, que c'était trop long. Il n'osait plus sortir du tout de sa cellule." Selon elle, son fils ne supportait plus les conditions de détention. Ce drame a servi de catalyseur pour les détenus, qui estiment que l'État ne fait rien pour améliorer leur sort.

Une procédure administrative déjà en cours

En parallèle de la plainte pénale, une procédure administrative a été engagée par les avocats des détenus. La plainte pénale, déposée le 17 juillet, vise à obtenir la reconnaissance de la responsabilité de l'État dans la dégradation des conditions de détention. Me Aoudia précise que le nombre de plaignants ne cesse d'augmenter : "J'ai encore reçu une dizaine de plaintes cette semaine, à ce rythme-là, on sera sûrement au-dessus des 150."

Des conditions de détention dénoncées comme inhumaines

Les détenus dénoncent également le manque d'hygiène, la promiscuité et l'absence d'activités. La surpopulation entraîne des tensions quotidiennes et un accès réduit aux soins. Selon l'avocate, la situation est devenue intenable et met en danger la vie des prisonniers. "Nous demandons à l'État de prendre ses responsabilités et de mettre fin à ces traitements inhumains", a-t-elle conclu.

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