Une mobilisation féministe massive à Pau pour la Journée internationale des droits des femmes
Ce dimanche 8 mars, malgré une météo capricieuse, plus de 400 personnes, en majorité des femmes, ont bravé les éléments pour participer au cortège de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes dans les rues de Pau. Cette manifestation, organisée par les associations féministes et les syndicats du Béarn, a pris une dimension politique cruciale à une semaine du premier tour des élections municipales.
Un plaidoyer unitaire contre les oppressions et l'extrême droite
Au pied de l'hôtel de ville de Pau, quatre femmes ont successivement pris la parole pour détailler, dans un texte unitaire national, les multiples oppressions subies par les femmes. Le message était clair : « Partout dans le monde, les femmes résistent ! ». Françoise Rivière, du syndicat FSU, a résumé la position des organisateurs : « Le féminisme ne peut être d'extrême droite car l'extrême droite ne peut être féministe ».
La mobilisation anti-RN s'organise en Béarn
La présence de candidats du Rassemblement national (RN) à Pau, Lescar et Orthez a poussé les syndicats à se mobiliser. Ils se sont unis avec leurs voisins basques au sein du collectif Visa 64 (Vigilance Inter Syndicale contre le fascisme). Ce collectif réagit notamment aux propos racistes de Margaux Taillefer, candidate RN à Pau, dont le nom a été hué par la foule place Royale.
Alors que Margaux Taillefer tiendra son ultime meeting de campagne jeudi soir, Visa 64 appelle les électrices et électeurs à se rassembler ce 12 mars à 18 heures devant l'hôtel de ville de Pau. Le message est sans équivoque : « Nous devons dire que l'extrême droite ne passera pas chez nous ! ».
Pau pointée du doigt pour son manque d'engagement en faveur de l'égalité
À l'approche des Municipales 2026, Oxfam France a publié un rapport le 3 mars mettant en lumière les bonnes pratiques des communes en faveur de l'égalité des genres. La Ville de Pau figure parmi les mauvaises élèves, car dépourvue d'adjoint en charge de l'égalité. Sandra Lhote Fernandes, responsable de la campagne Justice de genre à Oxfam France, souligne : « Le Rassemblement national n'est pas un allié des droits des femmes, et le bilan des maires sortants en témoigne ».
Une minute de silence pour les 20 féminicides de 2026
Avant de reprendre sa déambulation jusqu'au square Aragon, le cortège a observé une minute de silence pour les 20 femmes déjà victimes de féminicides en France depuis le 1er janvier. Toutes avaient porté plainte. Les associations dénoncent : « Nous continuons à compter nos mortes car il n'y a aucune volonté politique de lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants ».
Les subventions en berne face aux dépenses militaires
Les associations d'aide aux femmes s'indignent de voir les subventions de l'État fondre comme neige au soleil, alors que 10 milliards d'euros sont mobilisés pour construire un nouveau porte-avions. « Pourtant, de l'argent il y en a ! », clament-elles. Les féministes dénoncent ainsi l'impérialisme, le masculinisme et le patriarcat à l'origine des conflits et oppressions dont les femmes sont victimes.
La grève du travail domestique comme symbole
Nombre de discriminations et d'inégalités sont dues au déséquilibre dans le partage des tâches ménagères. Ce 8 mars était ainsi, symboliquement, l'occasion de faire grève du travail domestique. Comme le souligne le plaidoyer des féministes : « Sans les femmes, tout s'arrête ». Cette manifestation à Pau s'inscrit dans un mouvement global de résistance et d'appel à l'action politique concrète pour les droits des femmes.



