Parcoursup : les mères en première ligne face à la charge de l'orientation
Les tâches ménagères, les rendez-vous médicaux des enfants, les inscriptions aux activités périscolaires et de loisirs… De nombreuses obligations familiales retombent encore majoritairement sur les femmes. Cette réalité s'étend désormais clairement au domaine crucial de l'orientation scolaire et à la plateforme Parcoursup, comme le démontre une nouvelle étude approfondie publiée récemment.
Une répartition inégale confirmée par les chiffres
D'après cette enquête par questionnaire menée conjointement par la FCPE, la principale fédération de parents d'élèves, et le journal L'Étudiant, dans pas moins de 70% des familles interrogées, c'est la mère qui consacre le plus de temps aux questions d'orientation de ses enfants. Seulement 21% des parents ont indiqué que les deux parents s'impliquaient à temps égal dans ce processus complexe.
Ces résultats, qui s'appuient sur les réponses de plus d'un millier de parents, corroborent parfaitement une précédente étude de l'Institut Montaigne publiée en avril 2025. Cette dernière révélait déjà que 71% des jeunes déclaraient avoir été principalement accompagnés par leur mère dans leurs choix d'orientation.
La composition même de l'échantillon de l'étude menée par L'Étudiant et la FCPE reflète directement cette réalité sociale : 88% des répondants à l'enquête sont des femmes, comme le souligne la fédération dans son communiqué de presse officiel.
Charge mentale et stress en forte augmentation
Sophie, dont la cadette passe le baccalauréat cette année, témoigne : "Mon mari est impliqué aussi, mais c'est moi qui ai étudié toutes les possibilités, qui ai un peu dégrossi le terrain." Son expérience illustre parfaitement les données quantitatives de l'étude.
Devoir prendre en charge l'orientation de son enfant augmente significativement la charge mentale de 80% des mères interrogées, contre seulement 53% des pères. Ce fardeau supplémentaire provoque également du stress pour la grande majorité des parents, quels que soient leur genre ou leur situation familiale.
L'anxiété face à Parcoursup : un phénomène massif
Près de 77% des parents interrogés affirment ressentir de "l'anxiété" face à la plateforme Parcoursup, avec un taux qui s'élève même à 79% spécifiquement chez les mères. La complexité perçue de la procédure est un facteur majeur : 69% des parents la jugent "complexe" et 79% la considèrent comme "stressante".
Les principales sources de stress identifiées par l'étude sont :
- La crainte d'affectations non satisfaisantes pour leurs enfants
- L'appréhension d'un refus potentiel des établissements souhaités
- La peur de n'obtenir aucune affectation du tout
Delphine Bednarski, 43 ans, dont la fille Rose passe son baccalauréat cette année, confirme cette réalité anxiogène : "Cette procédure, c'est très stressant." Sa fille de 17 ans, qui aspire à devenir éducatrice spécialisée, n'a formulé que trois vœux sur Parcoursup sur les dix possibles. Face à cette plateforme, Delphine avoue se sentir "complètement démunie" et insuffisamment armée pour accompagner sa fille.
Un million de candidats concernés cette année
Grégoire Ensel, vice-président de la FCPE, propose une métaphore éclairante : "Parcoursup, pour les parents, c'est un peu comme si vous pilotiez un avion. Vous avez votre enfant à côté de vous, vous savez à peu près le cap, mais vous ne savez pas quels sont les vents, s'il y a des trous d'air et si vous n'allez pas être dévié."
Cette année, environ un million de candidats – néobacheliers et étudiants en réorientation – vont s'inscrire sur Parcoursup. Cette plateforme a succédé au site Admission Post-Bac (APB) en 2018, comme le rappelle régulièrement le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste.
Méthodologie de l'étude : cette enquête en ligne a été adressée à la base de données de L'Étudiant et de la FCPE via la plateforme SurveyMonkey. Elle a recueilli les réponses de 1.103 parents (dont 88% de femmes et 12% d'hommes). Le sondage a été administré du 30 janvier au 24 février 2026.



