Ce samedi 4 juillet 2026, à 15 heures, une grande marche citoyenne et familiale contre les violences sexistes et sexuelles s'élancera de la place de la Bastille, à Paris, et dans une bonne dizaine de villes de France. Initié par la Fondation des Femmes et une coalition de près de 150 associations et syndicats, ce rassemblement a pour objectif d'obtenir le vote d'une véritable loi-cadre, dotée de moyens financiers historiques.
Un mouvement né de l'affaire Lyhanna
Ce rassemblement prolonge ceux organisés depuis plusieurs semaines devant les palais de justice, en réaction à l'affaire de la jeune Lyhanna, assassinée alors que son agresseur présumé avait déjà été dénoncé à la justice par plusieurs victimes, et qu'un précédent signalement avait été classé sans suite. « Cette mobilisation du 4 juillet doit permettre aux familles et aux enfants qui ne pouvaient pas se déplacer les lundis soir d'être présents », explique Andréa Bescond, artiste à l'origine de ces mobilisations.
Une proposition de loi-cadre intégrale
Au cœur des revendications figure une proposition de loi-cadre « intégrale », co-élaborée par les associations et déposée en décembre 2025 par une coalition parlementaire transpartisane (regroupant tous les groupes politiques à l'Assemblée nationale, à l'exception du RN et de l'UDR). Ce texte ambitieux, avec près de 140 mesures concrètes, entend répondre par une véritable politique d'État continue et coordonnée à la faille systémique majeure du traitement des violences sexuelles, illustrée notamment par le fort taux de classement sans suite des plaintes.
Mesures clés de la proposition
La proposition prévoit notamment l'instauration de tribunaux correctionnels spécialisés, de procédures d'urgence avec audition sans délai de la victime, l'audition systématique de l'auteur présumé et la collecte immédiate des preuves. Elle inclut aussi une formation obligatoire pour les policiers, les gendarmes et l'ensemble des professionnels concernés, ainsi qu'un accueil d'urgence accessible 24 heures sur 24. Autre mesure phare : le remboursement à 100 % par la Sécurité sociale des soins psychologiques liés au traitement du psychotraumatisme, et le renforcement de la prévention et de l'éducation à la vie affective et sexuelle dès le plus jeune âge.
Un coût estimé à 3 milliards d'euros par an
Le coût de cette loi est estimé à environ 3 milliards d'euros par an, dont au moins 344 millions dédiés au renforcement de la chaîne judiciaire. Sous la pression citoyenne des dernières semaines, le gouvernement a fini par bouger. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé que le texte serait débattu à l'Assemblée en octobre 2026.
Une vigilance de mise face aux promesses gouvernementales
« On a réussi à arracher cette décision semaine après semaine », s'est réjoui Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des Femmes, lors d'une conférence de presse, estimant « exceptionnel ce que la coalition féministe et enfantiste a réussi à faire ». Mais, face aux velléités politiques de limiter la portée de la loi, la partie est loin d'être gagnée. « Il va falloir être extrêmement vigilant sur les promesses du gouvernement, ne pas se contenter de petites annonces, mais exiger le vote de la loi intégrale, avec tous ses volets, et le budget qui va avec », prévient Andréa Bescond.
Prochaines actions
Les actions devant les palais de justice s'interrompront pendant l'été avant de reprendre « de manière déterminée », annonce-t-elle. Prochain rendez-vous : le lundi 7 septembre à 19 heures.



