Manifestation féministe massive à Bordeaux pour les droits des femmes et des minorités de genre
Manifestation féministe massive à Bordeaux pour les droits des femmes

Une mobilisation impressionnante pour la Journée internationale des droits des femmes

Ce dimanche 8 mars, les rues de Bordeaux ont vibré au rythme d'une manifestation féministe d'ampleur. Selon les organisatrices du collectif AG féministe Gironde, plus de 13 000 personnes ont participé au défilé, tandis que la préfecture a comptabilisé 5 550 participants. Cette mobilisation, relayée par plusieurs syndicats, a rassemblé une foule diverse et déterminée entre la place de la Victoire et la place de la Comédie.

Un cortège coloré et revendicatif

Dès 13 heures, la place de la Victoire s'est couverte d'une foule bariolée où dominait le mauve, couleur symbolique du combat féministe. Des milliers de manifestants de tous âges, majoritairement des femmes mais aussi de nombreux hommes, ont défilé tout l'après-midi. Les slogans politiques résonnaient particulièrement fort en cette période d'élections municipales, avec des phrases comme « Fortes, fières, féministes, radicales et en vie » scandées à grand renfort de pancartes et de percussions.

Des revendications multiples et précises

Le collectif AG féministe 33 a présenté 100 revendications pour des municipalités féministes, interpellant directement les élus locaux. Camille, porte-parole du collectif, a détaillé ces exigences : « Ça passe par l'augmentation du nombre de logements d'urgence, le développement de la prévention, la gratuité des crèches et des cantines... ». La dénonciation des violences faites aux femmes, de la LGBT+-phobie et du patriarcat constituait le cœur des messages, avec une attention particulière portée à la montée de l'extrême droite.

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Claire, venue de Mios avec le collectif du bassin d'Arcachon, a insisté sur l'importance de la « grève féministe » même un dimanche : « Surtout un dimanche. D'abord parce que beaucoup de femmes précaires travaillent ce jour-là. Et c'est surtout l'occasion de revendiquer une grève du travail domestique, invisible ».

Une mobilisation intergénérationnelle

La manifestation a rassemblé des militantes de tous âges, chacune avec ses motivations propres. En tête de cortège, une banderole intersyndicale (CGT, CFDT, FSU, Unsa) réclamait l'égalité « au travail, à la maison, dans la rue ». Les partis politiques, principalement écologistes et de gauche, suivaient plus loin dans le défilé, avec la présence notable de plusieurs têtes de liste aux municipales bordelaises.

Ninon, 18 ans, manifestait aux côtés de sa mère Géraldine : « Ce qui m'inquiète le plus c'est le retour du masculinisme. On sent que ça ne s'améliore pas, surtout chez les jeunes de notre âge ». À l'autre extrémité du spectre générationnel, Josianne Rode, 86 ans, « vétérane » du féminisme vivant à Cenon, témoignait : « Je milite depuis les années 60. Mais aujourd'hui hélas, il y a encore du travail ».

Des témoignages poignants et une dimension internationale

Le cortège a été marqué par plusieurs moments forts, dont un « femmage » aux victimes de violences sexuelles organisé par le collectif Nous toutes sur les marches du musée d'Aquitaine. Des dizaines d'écriteaux racontaient autant de destins brisés, rappelant que 86% des plaintes pour violences sont classées sans suite.

Patricia Martinez, chercheuse en biomédecine d'origine mexicaine, expliquait sa présence : « Ma grand-mère n'a pas pu faire des études. Elle a dû rester à la maison, prendre soin des enfants. Être ici pour moi, c'est une façon de l'honorer ». Julie, restauratrice participant à son premier 8 mars, ajoutait : « C'était important pour moi d'être là, pour clamer haut et fort que les droits des femmes sont menacés. Ils reculent partout dans le monde ».

Une ambiance joyeuse mais déterminée

Malgré la gravité des revendications, l'ambiance générale restait joyeuse et familiale. La batucada de l'AG féministe donnait le rythme, tandis que le collectif Les Rosies animait la foule avec des chorégraphies loufoques. Poerani, étudiante en sociologie, soulignait : « C'est bienveillant, joyeux, familial, plutôt jeune, toutes les couches de la société sont représentées ».

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Après presque quatre heures de marche, le cortège s'est terminé en chanson devant les marches du Grand Théâtre. Un doublement par rapport au comptage officiel de l'année précédente selon la préfecture, confirmant une mobilisation en hausse pour défendre des droits que toutes les manifestantes jugent « jamais acquis ».