Un refuge sécurisé pour femmes victimes de violences
La Maison d'Olympe, un lieu d'accueil dédié aux femmes victimes de violences, a été officiellement inaugurée ce dimanche 8 mars 2026 à Castelnau-le-Lez. Cette inauguration, qui coïncidait avec la Journée internationale des droits des femmes, a rassemblé de nombreuses personnalités locales et nationales, témoignant de l'importance de cette initiative.
Une villa transformée en havre de paix
La commune de Castelnau-le-Lez a acquis une villa des années 1930, entourée d'un jardin, pour la transformer en ce refuge. L'ancienne propriétaire, Lucette Perez, présente lors de l'inauguration, a eu du mal à reconnaître sa maison tant les transformations ont été importantes.
La Maison d'Olympe dispose désormais de cinq chambres, dont une accessible aux personnes à mobilité réduite. Elle comprend également une salle de jeux pour les enfants, un bureau pour une travailleuse sociale, et peut accueillir des femmes, parfois avec leurs enfants, pour une durée maximale de trois mois. Ces femmes ont souvent quitté leur domicile conjugal dans l'urgence, sans solution d'hébergement.
Un projet né d'un constat alarmant
Le premier adjoint de Castelnau-le-Lez, Gérard Sigaud, a rappelé l'origine du projet : "La colonelle de gendarmerie nous avait sensibilisés au fait que l'étape importante du dépôt de plainte passée, les femmes victimes ne savaient où aller". Ce constat a motivé la municipalité à créer un lieu d'accueil sécurisé.
Le maire Frédéric Lafforgue a souligné l'investissement conséquent de la commune : 800 000 euros pour l'acquisition de la villa au prix des Domaines, et un montant équivalent pour les travaux de transformation. L'Agence régionale de santé (ARS) apporte son soutien pour financer le poste de salariée.
Un réseau de soutien local et national
Le projet a bénéficié du soutien de nombreuses personnalités. La comédienne Marie-Gaëlle Cals, marraine de la Maison d'Olympe, a dévoilé la plaque inaugurale aux côtés de l'adjointe Sylvie Ros-Rouart. Des réunions préparatoires ont eu lieu avec Hélène Mandroux, ancienne maire de Montpellier, et Laurence Cristol, ancienne députée et maire de Saint-Clément.
Laurence Cristol a symboliquement offert le bureau et les fauteuils de son ancienne permanence parlementaire pour meubler le bureau de l'assistante sociale. Elle a insisté sur la nécessité pour les communes de s'organiser : "J'ai été très intéressée par un lieu comme la Maison des femmes de Saint-Denis qui est une sorte d'îlot de paix pour les femmes victimes. Ici, ce le sera aussi j'en suis sûre".
Des témoignages poignants
Le sénateur Jean-Pierre Grand, ancien maire de Castelnau, a partagé son expérience : "J'ai été souvent désemparé quand une femme se présente en mairie et, pudiquement, dit l'enfer où elle se trouve. Le maire a peu de solutions. Aller pourrir le mari ? Je l'ai fait, mais ce n'est pas le plus efficace !". Il a salué la création de ce lieu qui place l'humain au cœur des politiques.
Le sénateur Hussein Bourgi, membre du Haut conseil de l'égalité, a qualifié le projet d'"intelligent", soulignant qu'il ne s'agissait pas seulement d'un bâtiment mais d'une véritable initiative sociale.
Un soutien gouvernemental marqué
La ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, avait posé la première pierre du chantier en juillet dernier. Pour l'inauguration, elle a envoyé un message soulignant que "cette structure incarne ce que notre République sait faire de meilleur lorsque les pouvoirs publics, les associations, les collectivités et les acteurs locaux unissent leurs forces".
Marie-Gaëlle Cals a ajouté : "En prenant soin des plus fragiles et des femmes blessées, notre société prend soin aussi de son avenir".
Un emplacement stratégique
La Maison d'Olympe est située à proximité de plusieurs établissements scolaires et de moyens de transport, permettant aux enfants des femmes accueillies de rester scolarisés malgré leur situation. Cette attention aux détails pratiques illustre la volonté de créer un environnement stable et rassurant pour les familles en difficulté.
Ce projet, né il y a deux ans jour pour jour lors de l'acquisition de la maison, représente aujourd'hui une réponse concrète et essentielle aux violences faites aux femmes dans la région de Montpellier.



