Gilberte Roca, une pionnière gardoise au Palais-Bourbon
À l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Midi Libre met en lumière le parcours exceptionnel de cinq Gardoises qui ont marqué leur époque. Parmi elles, Gilberte Roca, l'une des premières femmes députées de France, dont le courage et l'engagement ont ouvert la voie aux générations suivantes.
Une entrée historique dans la vie politique française
Le 29 avril 1945 restera une date mémorable dans l'histoire de France : les Françaises votaient pour la première fois. Parmi les 33 femmes élues à l'Assemblée constituante, une jeune Nîmoise d'adoption de 34 ans faisait son entrée dans l'arène politique. Née en 1911 dans l'Aude, au sein d'une famille d'ouvriers agricoles, Gilberte Roca développe très tôt une conscience aiguë des inégalités sociales.
Militante communiste dès 1934, elle s'installe à Nîmes avec son époux, syndicaliste engagé. "Elle était naturellement résistante", confie Sophie Wildbolz, guide conférencière à l'Office du tourisme de Nîmes. Pendant la Seconde Guerre mondiale, alors que son mari est prisonnier, elle rejoint activement la Résistance et assume des responsabilités importantes au sein de l'Union des femmes françaises.
Une carrière politique dédiée au service public
Le 21 octobre 1945, plus d'un an après l'ordonnance accordant le droit de vote et d'éligibilité aux femmes, Gilberte Roca est élue députée du Gard à l'Assemblée constituante. Dans une France à reconstruire, elle participe activement aux travaux qui poseront les bases de la Sécurité sociale et d'EDF. "C'était véritablement une femme de courage, dynamique et lucide", souligne la guide.
Réélue à plusieurs reprises, elle s'investit particulièrement dans les questions de santé publique, de famille et de solidarité rurale. Elle devient également la première femme à siéger au Conseil général du Gard, marquant ainsi une nouvelle étape dans la représentation féminine dans les institutions locales.
Un engagement inlassable pour les plus vulnérables
Conseillère municipale à Nîmes jusqu'en 1977, Gilberte Roca défend avec constance les droits de l'enfance et du monde ouvrier. Pour elle, la politique ne fut jamais une carrière, mais "un service". Son parcours reste indissociable du long combat des femmes pour leurs droits et leur liberté.
Son héritage politique témoigne d'un engagement profond en faveur de l'égalité et de la justice sociale. Elle incarne cette génération de femmes qui, au sortir de la guerre, ont contribué à bâtir les fondations de la France moderne tout en luttant pour leur propre reconnaissance dans l'espace public.
Gilberte Roca s'éteindra à Nîmes le 26 juillet 2004, à l'âge de 93 ans, laissant derrière elle un exemple de détermination et de dévouement au bien commun. Son parcours continue d'inspirer celles et ceux qui militent pour une société plus juste et plus égalitaire.



