Une progression modeste de la féminisation dans les mairies des Pyrénées-Atlantiques
Les élections municipales des 15 et 22 mars ont-elles provoqué un véritable bouleversement dans les mairies des Pyrénées-Atlantiques ? D'un point de vue symbolique, on pourrait être tenté de répondre par l'affirmative, avec la disparition de figures comme François Bayrou et l'émergence fracassante d'autres personnalités. Cependant, l'analyse statistique révèle une réalité plus nuancée.
Une féminisation en légère hausse, mais loin d'une révolution
La proportion de femmes élues maires dans le département a augmenté de trois points par rapport à la fin du mandat précédent. On passe ainsi de 98 à 116 édiles, soit une progression de 18% à 21%. Cette hausse, bien que régulière, reste modeste et ne constitue pas un raz-de-marée. La gent féminine ne dirige plus de grande ville, ayant perdu Biarritz après la défaite de Maider Arosteguy.
Marie-Lyse Bistué, élue à Oloron-Sainte-Marie avec une seule voix d'avance sur son adversaire Clément Servat, est désormais la seule femme à la tête d'une commune de plus de 10 000 habitants. Une situation qui illustre les limites de cette progression.
Un paysage municipal marqué par le rural et la diversité socioprofessionnelle
Le département compte 434 communes de moins de 1 000 habitants, dont 338 ont moins de 500 résidents. Cette forte caractérisation rurale se reflète dans les profils socioprofessionnels des maires :
- 23,7% des hommes maires sont agriculteurs ou anciens agriculteurs (contre 12% chez les femmes).
- 7% sont cadres administratifs et commerciaux d'entreprise.
- 5,7% sont d'anciens employés.
- 5,5% sont cadres de la fonction publique.
Chez les femmes, les professions intermédiaires de la santé et du travail social représentent 11,2% de leur contingent, contre seulement 0,7% chez les hommes. Une répartition qui souligne des différences genrées persistantes.
Renouvellement et évolution de l'âge des élus
Statistiquement, l'analyse montre que la moitié des premiers magistrats élus lors de ce scrutin sont de nouveaux entrants dans cette fonction. Par ailleurs, la moyenne d'âge des maires du département a très légèrement augmenté, passant de 55 ans à 56,8 ans.
Pour la petite histoire :
- Le maire le plus âgé, Louis Labadot (82 ans, Mauléon-Licharre), est moins vieux que son prédécesseur Jacques Guiraut (88 ans, Taron-Siderac-Villenave).
- Du côté des plus jeunes, Yann Camou Juncas (24 ans, Escot) supplante Ophélie Escot (28 ans, Cette-Eygun, réélue le 15 mars).
Les effets des efforts pour une féminisation des instances politiques locales se font donc sentir, mais on est encore loin d'une transformation profonde du paysage municipal dans les Pyrénées-Atlantiques.



