Fanfonne Guillierme : la première femme manadière qui a révolutionné la Camargue
Fanfonne Guillierme, pionnière manadière en Camargue

Fanfonne Guillierme : la pionnière qui a conquis le monde masculin de la manade

À l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le parcours exceptionnel de Fanfonne Guillierme mérite d'être rappelé. Cette Gardoise d'exception a marqué l'histoire de la Camargue en devenant, dès les années 1950, la première femme à diriger une manade, brisant ainsi les codes d'un univers traditionnellement masculin.

Une femme qui a imposé sa passion contre tous les préjugés

Née Antoinette Guillierme à Paris en 1895, celle que l'on surnommera Fanfonne grandit entre la capitale, la Savoie et la Camargue avant que sa famille ne s'installe définitivement à Aimargues. Très tôt, elle fait le choix audacieux de reprendre la manade familiale, s'imposant dans un milieu où les femmes n'avaient jusqu'alors qu'un rôle secondaire.

"Au début, tout le monde rigolait en voyant une femme à la tête d'une manade, mais elle faisait juste ce dont elle avait envie. Elle allait au-delà des diktats de la société", témoigne Christian Espelly, qui l'a connue adolescent. Cette détermination sans faille lui vaudra le surnom de "grande dame de Camargue", un titre qu'elle portera avec une autorité naturelle.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un engagement total pour la culture camarguaise

Femme de convictions profondes, Fanfonne Guillierme ne se contente pas de diriger sa manade avec succès. Elle s'engage activement pour la reconnaissance officielle du cheval Camargue comme race pure, un combat qui aboutira en 1968. Ses taureaux, plusieurs fois primés, remportent notamment deux prestigieux Bioù d'Or, attestant de l'excellence de son travail.

En 1975, son statut de pionnière est officiellement reconnu lorsqu'elle est choisie comme ambassadrice de la Camargue à l'occasion de l'Année de la femme. Elle se rend alors à Paris accompagnée de son gardian Jacques Espelly, père de Christian, pour représenter sa terre et ses traditions.

Un héritage qui perdure au-delà de sa disparition

"C'était une femme forte, capable d'en supporter davantage que les hommes. Elle vivait pour sa manade", confie Hubert Espelly, actuel directeur de la manade et fils de Christian. Décédée en 1989 et inhumée au cimetière protestant de Nîmes, Fanfonne Guillierme laisse derrière elle un héritage considérable.

Christian Espelly souligne : "Elle a écrasé le cliché qu'une femme ne pouvait pas faire ce métier". Cette figure incontournable de la culture taurine gardoise continue d'être célébrée chaque 1er mars à Aimargues, où une journée lui est consacrée pour honorer sa mémoire et son parcours exceptionnel.

À travers son audace, son engagement sans faille et sa ténacité, Fanfonne Guillierme a ouvert la voie à de nombreuses femmes dans des domaines traditionnellement réservés aux hommes. Son histoire reste une source d'inspiration pour les générations suivantes et témoigne de la capacité à bousculer les conventions pour réaliser ses passions.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale