Béziers : 200 personnes mobilisées pour les droits des femmes, un 8 mars de combat
Béziers : 200 personnes pour les droits des femmes, un 8 mars de combat

Béziers : une mobilisation combative pour les droits des femmes rassemble près de 200 personnes

Ce dimanche 8 mars, à 10h30, l'intersyndicale biterroise a organisé une mobilisation pour la Journée internationale des droits des femmes sur les Allées de Béziers. L'événement a réuni entre 150 et 200 participants, venus exprimer leur détermination dans un contexte de revendications sociales pressantes.

« Un jour de combat, pas de fête » : le ton est donné

Devant le théâtre de Béziers, Magali Lafaille, déléguée CGT, a immédiatement planté le décor : « Le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, n'est pas un jour de fête, c'est un jour de combat et de lutte. Un combat contre les inégalités qui frappent les femmes au travail, dans la vie quotidienne, dans nos familles et dans nos villes ». Cette déclaration a servi de fil conducteur à une matinée marquée par des prises de parole offensives et sans concession.

Précarité, écarts salariaux et charge mentale : les combats quotidiens

La colère des manifestants s'est cristallisée autour de plusieurs réalités économiques et sociales. Les intervenants ont rappelé que les femmes gagnent encore 15 à 20% de moins que les hommes à compétences égales. Leur emploi se concentre majoritairement dans les secteurs les plus précaires : services à la personne, nettoyage, grande distribution et santé, souvent avec des temps partiels imposés.

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Nadia Mateu, de l'association Les Rosies, a souligné : « On nous reproche notre colère, mais la colère est une réponse saine à une situation malsaine. Elle naît des salaires bas, des corps contrôlés, des violences tues, des féminicides comptés à la fin de l'année comme des statistiques abstraites ». À ces inégalités professionnelles s'ajoutent le poids des tâches ménagères, la charge mentale liée aux enfants et la faiblesse des retraites.

Solidarité internationale et alertes sur les régressions

Sandy Conin, du syndicat Solidaires, a élargi le propos en dénonçant le patriarcat, le capitalisme et l'impérialisme qui « broient les peuples ». Elle a exprimé une solidarité vibrante avec les femmes de Palestine, du Yémen, du Soudan, d'Iran, d'Ukraine et d'Afghanistan. « Quand nous regardons le monde, notre colère redouble », a-t-elle affirmé.

Mais la vigilance s'impose aussi en France, où « la régression nous guette ». Sandy Conin a appelé les femmes à faire la grève du travail, rémunéré ou domestique, et de la consommation, symboliquement en « balançant les balais et brûlant les torchons ».

Une vigilance féministe à entretenir génération après génération

Chantal Lapuerta, pour Les Simones veillent, a rappelé une leçon historique essentielle : « Les droits des femmes ne sont jamais définitivement acquis. Chaque génération doit les défendre à nouveau ». Elle a rendu hommage aux femmes courageuses qui ont refusé de se taire, comme Simone Veil et Gisèle Halimi, et insisté sur la nécessité de résister face aux poussées idéologiques réactionnaires et aux attaques contre les libertés fondamentales.

« Nous devons continuer à nous mobiliser, à parler, à agir, à résister. Parce que le féminisme n'est pas seulement une mémoire, c'est une vigilance », a-t-elle conclu, soulignant que cette vigilance dépasse le simple rendez-vous symbolique du 8 mars.

Au-delà de la manifestation : un week-end féministe réussi

La mobilisation à Béziers s'inscrit dans une dynamique plus large, illustrée par le week-end féministe organisé au Korrigan. Avec une exposition, un concert, une performance et un set DJ, l'événement a rencontré un grand succès, offrant une autre façon d'éveiller les consciences et de diversifier les formes d'engagement.

Cette journée du 8 mars à Béziers aura donc été marquée par un mélange de colère légitime et de détermination à construire une société plus juste, où, comme l'a résumé Magali Lafaille, « l'égalité n'est pas un détail, c'est un projet de société ».

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