La ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, a apporté son soutien à la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci, après que celle-ci a déposé une plainte pour outrage sexiste et sexuel contre l’ancien animateur Patrick Sébastien. Cette plainte fait suite à une chanson grivoise dans laquelle ce dernier la visait directement.
Des paroles jugées « extrêmement vulgaires »
Dans le volume 2 de son album « Olé Osé », sorti la semaine dernière et qui rassemble des « chansons très crues inédites et interdites », Patrick Sébastien a dédié un morceau à « Delphine ». Les paroles, particulièrement explicites, évoquent un regret lié à son éviction de France 2 : « Delphine, si t’avais connu ma pine, on aurait été si heureux », chante-t-il, tandis qu’un chœur ajoute : « Il serait resté sur France 2. »
Le quotidien Le Parisien a révélé lundi que Delphine Ernotte Cunci avait porté plainte pour outrage sexiste et sexuel, information confirmée par France Télévisions à l’Agence France-Presse.
Le soutien ferme de la ministre
Interrogée mardi sur RTL, Aurore Bergé a vivement condamné ces propos qu’elle qualifie « d’écœurants ». Elle a estimé que la présidente de France Télévisions « a eu raison » de porter plainte « pour ne pas laisser passer, aussi au nom de toutes les femmes qui subissent ce type d’attaques ». La ministre a ajouté qu’il s’agit d’une « outrance totale et volontaire ».
Un conflit ancien entre Patrick Sébastien et Delphine Ernotte
Patrick Sébastien, qui animait l’émission phare « Le plus grand cabaret du monde », n’a jamais caché son ressentiment envers Delphine Ernotte Cunci, qu’il accuse de l’avoir évincé du service public. En mars dernier, devant la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, il avait déclaré : « Pendant des années sur le service public, tout s’est merveilleusement passé », jusqu’à l’arrivée de Mme Ernotte en 2015. Il avait alors critiqué sa vision de la télévision, affirmant qu’elle « a choisi de faire la télé qu’elle voulait par rapport à ses idées à elle », mais qu’elle « est présidente, pas propriétaire du service public ».
Interrogé par RTL, Patrick Sébastien a assumé pleinement sa chanson : « Je savais très bien dans cette chanson que j’étais dans l’outrance. C’est de l’outrance totale et volontaire. »



