Une mobilisation importante pour les droits des femmes à Bayonne
Ce dimanche 8 mars, les rues de Bayonne se sont parées de violet à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Environ 1 200 personnes ont participé à cette manifestation organisée par plusieurs collectifs féministes et syndicats, sous le slogan « l'autodétermination des corps et des peuples ». Le cortège est parti à 11 h 30 du parvis de la gare, rassemblant des citoyens de tous horizons déterminés à défendre les droits des femmes et à rappeler l'importance de faire barrage, dès le 15 mars, aux candidats ou candidates du Rassemblement national.
Des revendications fortes contre les inégalités persistantes
Chaque présence et chaque pancarte brandie en l'air ont souligné les réalités qui persistent dans notre société. Les inégalités salariales, les violences faites aux femmes, le système patriarcal et les discriminations ont été au cœur des préoccupations des manifestants. Éric et Laura, venus en tant que citoyens, ont rappelé avec conviction que « la lutte pour tous les droits et en particulier le droit des femmes n'est jamais acquise. Du jour au lendemain, tout peut basculer, on le voit avec l'actualité internationale ».
Eva, une étudiante présente dans le cortège, a exprimé son inquiétude : « Dans beaucoup de pays, la place des femmes recule, comme aux États-Unis ou en Europe de l'est. Même en France, à travers les féminicides, les viols, les agressions, on voit que nous ne sommes pas considérées et que nos droits sont bafoués. Les femmes sont celles qui subissent les violences. On a beaucoup de chance d'être en France mais il ne faut pas que ça s'arrête là, il y a encore beaucoup de choses à faire ».
Des figures inspirantes et un message d'espoir
Brigitte, une retraitée avec cinquante années de manifestations féministes à son actif, a choisi de mettre en avant la photo de Gisèle Pelicot sur sa pancarte, avec le titre « Choisir la joie », tiré du magazine Télérama. « Une pour toutes, toutes pour une », a-t-elle ajouté en slogan. Avec émotion, elle a déclaré : « Heureusement qu'on a eu Gisèle Halimi ou Gisèle Pelicot. Dans Gisèle, il y a 'elle'. Ce sont des femmes qui ont du courage, comme toutes les femmes d'ailleurs ! J'ai confiance dans leur force et la société va changer ».
La manifestation a été rythmée au son des tambours, créant une ambiance à la fois festive et déterminée. Sur le pont Saint-Esprit, les chants et les battements ont accompagné la marche en direction du centre-ville, où une majorité de femmes, mais aussi des hommes et des enfants, ont défilé ensemble.
Un appel à la vigilance politique
Face à la foule, Nina Brehier, syndicaliste de Sud Éducation et Solidaires Pays basque, a pris la parole pour l'intersyndicale (Solidaires, LAB et FSU). Elle a déclaré avec fermeté : « Les droits des femmes et des minorités de genres sont directement attaqués par les idées d'extrême droite. Le féminisme n'est pas compatible avec ces idées réactionnaires. Il suffit de regarder les derniers votes du Rassemblement national à l'Assemblée ou au Parlement européen pour constater qu'il n'est pas en faveur du droit des femmes ».
Erika, une soignante présente dans le cortège, a jeté un coup d'œil autour d'elle et a partagé son espoir : « Il y a aussi quelques hommes, c'est important car la société changera avec tout le monde, sans distinction ». Un fumigène a été brandi devant la gare de Bayonne pour réclamer l'égalité des droits entre les hommes et les femmes, symbolisant la détermination des manifestants.
L'importance de l'éducation pour un avenir meilleur
Des enfants ont également participé à la manifestation, accompagnés par leurs parents. Adrien, 42 ans, a expliqué sa démarche : « J'ai emmené mon fils aujourd'hui car je suis soucieux de lui inculquer des valeurs d'égalité et de respect envers les femmes. Je pense que c'est important qu'il s'imprègne de toutes ces idées car c'est aussi par l'éducation de nos enfants que les femmes auront une meilleure place dans la société ».
Cette mobilisation à Bayonne a ainsi mis en lumière l'urgence de continuer à lutter pour les droits des femmes, tout en soulignant l'importance de l'engagement collectif et de la vigilance politique face aux menaces qui pèsent sur ces acquis.



