Occitanie déploie des affiches contre les violences sexistes dans les gares pour libérer la parole
Affiches contre les violences sexistes dans les gares d'Occitanie

Une campagne régionale pour protéger les femmes dans les transports

La Région Occitanie et la SNCF ont dévoilé ce jeudi 5 mars une campagne de prévention contre les violences sexistes et sexuelles dans les gares de la région. Cette initiative, présentée à la gare Saint-Roch de Montpellier, vise à "libérer la parole" des victimes et à sensibiliser l'ensemble des usagers des transports en commun.

Des chiffres alarmants justifient l'urgence d'agir

Selon Pierre Lacaze, vice-président de la région chargé des solidarités et de l'égalité, 120 000 personnes ont été victimes d'une agression sexiste et/ou sexuelle en Occitanie en 2024. Ce constat dramatique intervient à la veille du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, renforçant la nécessité d'une action concrète.

Un rapport 2026 du Haut Conseil à l'Égalité entre les femmes et les hommes révèle que 84 % des femmes déclarent avoir déjà vécu une situation sexiste. Pour Aline Faucherre, présidente du Centre d'information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF) de l'Hérault, cette campagne permet aux femmes de comprendre qu'elles ne sont pas responsables des violences subies.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une approche ciblant victimes, témoins et auteurs

La campagne s'adresse spécifiquement à trois acteurs : les victimes, les témoins et les auteurs de violences. En partenariat avec la SNCF, elle sera déployée à partir du lundi 9 mars dans toutes les gares d'Occitanie et sur le réseau de bus liO. Deux associations spécialisées participent au projet :

  • Le CIDFF pour le soutien aux victimes
  • Le Centre de prise en charge des auteurs de violences conjugales (CPCA) pour la prévention

Mihal Altun, coordinatrice du CPCA Occitanie, souligne que "les campagnes de communication ne sont pas suffisantes mais c'est un premier pas". Aline Faucherre ajoute que chaque campagne contribue à libérer la parole, notant que seules 20 % des femmes portent plainte après avoir subi des violences.

Des réactions contrastées parmi les usagères

Si Pierre Lacaze affirme que "les femmes peuvent être en sécurité à tout moment du jour et de la nuit en Occitanie", la réalité vécue par certaines usagères est différente. Chloé, 28 ans, témoigne : "Quand je rentrais de mon travail en restauration, tard dans la nuit, je me sentais souvent en insécurité dans les transports à Montpellier".

Adèle, 22 ans, exprime un scepticisme mesuré : "Ce ne sont pas des affiches qui vont changer les choses. Après, il vaut mieux ça que rien". Elle approuve cependant la mise à disposition du numéro d'aide aux victimes, reconnaissant l'utilité de ce dispositif d'accompagnement.

Une prévention qui pourrait s'étendre à d'autres lieux

Face à la montée des mouvements masculinistes, Aline Faucherre insiste sur la nécessité d'intervenir auprès des jeunes. En fonction de l'efficacité de cette campagne dans les transports, elle pourrait être étendue à d'autres espaces publics :

  1. Les centres de santé
  2. Les maisons de région
  3. Les lycées

Cette initiative régionale représente donc une première étape dans une stratégie plus large de prévention et de sensibilisation aux violences sexistes et sexuelles, avec l'ambition de créer des environnements plus sûrs pour toutes les femmes en Occitanie.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale