Journée internationale des femmes : un tour du monde des manifestations pour les droits
8 mars : un tour du monde des manifestations féministes

Un 8 mars mondial : les femmes descendent dans la rue pour leurs droits

Ce dimanche 8 mars, la Journée internationale des femmes a été marquée par une mobilisation planétaire. Du sud du continent américain à l'est de l'Europe, en passant par des pays où manifester est risqué, les femmes ont investi les rues pour revendiquer leurs libertés et leurs droits fondamentaux. Les formes d'expression ont été variées : slogans percutants, chants engagés, chorégraphies symboliques et performances artistiques audacieuses.

Amérique latine : danse et revendications

À Bogota, en Colombie, des femmes se sont donné la main pour former un cercle et danser ensemble, créant une image puissante de solidarité féminine. Non loin de là, au Chili, les manifestantes de Santiago ont ajouté à leurs combats féministes la dénonciation de « la guerre impérialiste ». À Lima, au Pérou, le défilé s'est transformé en un long ruban coloré hérissé de pancartes aux messages variés, dont « Les filles ne font pas partie du paquet-cadeau pour les touristes » et « Nous ne sommes pas des incubateurs à œufs ». En Bolivie, à La Paz, une manifestante clamait avec force : « Je ne veux pas de permission, je veux des droits ! ».

Europe : performances et dénonciations

En France, la mobilisation a été particulièrement forte. À Paris, le collectif des Femen a réalisé une performance devant la pyramide du Louvre, où des militantes se sont transformées en « porcs » avec des masques de cochon et des cravates peintes sur le buste portant le nom d'hommes accusés de prédation sexuelle, de Jeffrey Epstein à l'ex-prince Andrew. Le collectif Nous toutes a rappelé un chiffre glaçant : en onze mois, la France a enregistré 149 féminicides. À Bordeaux et Agen, des marches ont également rassemblé de nombreuses participantes.

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En Espagne, à Madrid, des milliers de femmes ont défilé en reprenant des danses traditionnelles pour « virevolter contre un patriarcat éternel ». Leurs slogans interpellaient : « Si ce n'est pas maintenant, quand ? Si ce n'est pas ici, où ? Si ce n'est pas toi, qui ? Si ce n'est pas avec amour et rébellion, comment ? ». Au Kosovo, à Pristina, l'artiste Saranda Sadikaj, alias « Ms. Indefinite », a proposé une performance symbolique où elle détruisait une rose figée dans un bloc de glace à coups de talons aiguilles avant de se couvrir de peinture rouge, dénonçant ainsi les stéréotypes et les violences faites aux femmes.

Asie et autres régions : des contextes variés

Au Pakistan, à Islamabad, des membres du groupe féministe radical Aurat March sont descendues dans la rue pour exiger un traitement égal dans leur foyer, leur travail et devant le système judiciaire discriminatoire. Une protestation qui, dans ce pays, se termine souvent par des arrestations. En Corée du Nord, à Pyongyang, la célébration a pris une forme plus conventionnelle, avec des danses pour honorer les femmes, auxquelles les hommes étaient invités à offrir une rose rouge.

En Ukraine, dans la région de Donetsk, des femmes ont bénéficié d'une distribution d'aide humanitaire à l'occasion de cette journée. En Colombie, une statue célébrant un héros de l'indépendance sud-américaine a servi de cadre à des femmes de Bogota pour associer les femmes « libres et rebelles », souvent invisibilisées par l'histoire.

Cette journée du 8 mars a ainsi démontré la diversité des luttes féministes à travers le monde, tout en soulignant l'universalité des revendications pour l'égalité et la justice. Des performances artistiques aux marches traditionnelles, chaque action a contribué à faire entendre la voix des femmes, dans un élan global de solidarité et de détermination.

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