Violence scolaire : Maxime Reppert dénonce une insécurité généralisée dans les établissements
Violence scolaire : une insécurité généralisée dénoncée

Violence contre les enseignants : une crise nationale dénoncée par le Snalc

Les établissements scolaires français font face à une inquiétante montée des agressions physiques, parfois graves, contre leurs enseignants. Maxime Reppert, vice-président du Syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur (Snalc), s'exprime auprès de "Midi Libre" pour alerter sur cette tendance alarmante qui ne cesse de s'aggraver.

Une insécurité palpable et généralisée

Assistons-nous à une accélération de la violence dans les écoles ? "Ce qui était plutôt un sentiment est clairement devenu une insécurité bien palpable", affirme Maxime Reppert. Il souligne que les collègues en conflit ou en souffrance psychologique représentent désormais l'essentiel du travail syndical. Aucun territoire n'est épargné, contrairement aux idées reçues qui limitent les problèmes aux banlieues ou aux réseaux d'éducation prioritaire (REP+).

Démissions et mobilité : les conséquences de la dégradation

Le vice-président du Snalc constate une hausse légère des démissions, mais surtout une explosion des demandes de mobilité. "Les conditions de travail ne cessent de se dégrader depuis qu'on observe un phénomène de 'consommation' de l'école par les élèves et leurs parents", explique-t-il. Les enseignants sont aujourd'hui très largement déconsidérés, et les réponses gouvernementales, comme la suppression de postes et de moyens financiers, sont jugées inadéquates face à la banalisation de la violence.

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Sécurité et responsabilités : des solutions insuffisantes

Le renforcement de la sécurité aux abords des établissements est perçu comme insuffisant. "La solution n'est pas de mettre des portiques partout ou de multiplier les contrôles de sacs, parce que le problème, dans une agression, ce n'est pas le couteau mais celui qui le tient", insiste Maxime Reppert. Il critique également le manque de personnels dédiés à la santé mentale, malgré son statut de grande cause nationale, et appelle à recruter et former davantage de médecins, psychologues et infirmières.

La responsabilité des parents et le manque de soutien institutionnel

La responsabilité des parents dans cette dégradation est réelle, selon le syndicaliste. "Tout le monde a des droits et des devoirs, les enseignants comme les parents". Il se dit favorable à des sanctions contre les parents qui abandonnent totalement l'éducation de leurs enfants. Par ailleurs, le manque de soutien de l'institution est pointé du doigt, avec une culture du "pas de vagues" qui continue à régir le fonctionnement de l'Éducation nationale, où le soutien hiérarchique n'est ni appuyé ni systématique.

Accompagnement des personnels en souffrance

Pour aider les enseignants en difficulté, le Snalc a mis en place plusieurs initiatives. Mobi-Snalc, un service réservé aux adhérents, permet de définir un parcours de compétence avec un conseiller pour évaluer si un changement de métier est nécessaire. Le syndicat propose également des ressources en gestion de conflit, incluant du coaching, de la sophrologie, et un soutien juridique et psychologique. De plus, les cadres du Snalc sont formés aux gestes de premier secours en santé mentale à travers la France. Maxime Reppert rappelle un drame personnel : "Lorsque j'ai été nommé à Beaune, il y a quelques années, une collègue, mère de deux enfants, s'est suicidée la veille de la rentrée. Je ne veux jamais revivre ça".

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