Violence scolaire à Montpellier : le rectorat déploie des plans d'action renforcés
Violence scolaire : le rectorat de Montpellier agit

Montpellier renforce la lutte contre la violence à l'école

Alors qu'une étude récente souligne une augmentation préoccupante des phénomènes de violence dans les écoles primaires, le rectorat de l'académie de Montpellier a déjà déployé plusieurs dispositifs pour y faire face. Ces mesures interviennent dans un contexte où les relations avec les parents d'élèves se sont parfois tendues pendant la crise sanitaire, notamment en raison de protocoles mal compris.

Un plan violence national adapté localement

Thierry Meslet, chargé de mettre en œuvre localement le plan violence décidé au niveau national en 2019, explique l'approche : "La base est d'inciter les personnels à signaler davantage ces faits et de les accompagner plus efficacement." Cette politique volontariste a pour effet mécanique d'augmenter les statistiques, mais elle traduit surtout une meilleure prise de conscience institutionnelle.

Patrick Mascaro, conseiller sécurité de la rectrice, insiste sur les progrès réalisés : "L'éducation nationale a été marquée de façon traumatisante récemment et nous avons fait d'énormes progrès en termes de prise de conscience. Nous disposons d'une véritable politique de formation et aucun chef d'établissement n'ignore désormais le processus et l'utilisation de notre application de signalement."

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Le programme pHARe contre le harcèlement scolaire

Laurence Riche-Dorlancourt, conseillère technique établissement et vie scolaire, précise que "les faits de violence sont plus développés au collège avec une forte proportion de harcèlement et de cyberviolence." Cependant, elle reconnaît "une montée des faits en primaire, liée aussi à une précocité dans l'utilisation des supports numériques."

Pour répondre à cette problématique, l'académie de Montpellier participe au programme expérimental pHARe de lutte contre le harcèlement, déployé dans six académies. "La place des élèves au cœur du programme avec le dispositif ambassadeur est un atout de poids", affirme-t-elle, tout en soulignant un travail de plusieurs années sur le bon usage du numérique.

Des équipes mobiles pour défendre les valeurs républicaines

Depuis 2018, des équipes mobiles (EMAS) ont été créées. Composées d'anciens policiers ou gendarmes, de conseillers principaux d'éducation et de personnels de l'éducation nationale, elles peuvent intervenir en cas d'atteinte aux valeurs de la laïcité ou de la République. Patrick Mascaro reconnaît que "c'est un dispositif récent qu'il faut encore faire connaître."

Parallèlement, un plan de formation de tous les personnels aux questions de la laïcité est mis en place sur quatre ans, afin que personne ne se trouve démuni face à ces situations sensibles.

Impliquer davantage les parents dans la vie scolaire

Thierry Meslet observe que "avec la médiation par les pairs, par des dispositifs mixtes d'adultes et d'élèves, la violence baisse." D'où l'importance de renforcer la coopération avec les parents et de les impliquer plus activement dans la vie des établissements.

Laurence Riche-Dorlancourt conclut en évoquant le contexte particulier de la période covid : "Beaucoup de parents nous ont témoigné leur confiance, mais l'école a aussi cristallisé beaucoup de tensions. Elle concentre des attentes tellement fortes de la part des parents qu'on vient parfois déverser des frustrations à la grille de l'école." Cette remarque souligne l'importance d'une communication apaisée entre l'institution scolaire et les familles.

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