Universités en crise : la présidente de Paris-1 Panthéon-Sorbonne alerte sur le sous-financement chronique
Universités en crise : Paris-1 Panthéon-Sorbonne alerte sur le sous-financement

Universités en crise : la présidente de Paris-1 Panthéon-Sorbonne alerte sur le sous-financement chronique

Christine Neau-Leduc, présidente de l'université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, était sur France Inter ce mardi matin, alors qu'une intersyndicale appelait à la mobilisation contre le « sous-financement chronique » des universités devant le ministère de l'Enseignement supérieur. Au micro, elle a affirmé que « même une université aussi historique et prestigieuse a des difficultés ».

Un déficit depuis deux ans et un point de rupture atteint

La présidente a déclaré : « Oui, nous sommes en déficit depuis deux ans. On arrive à maintenir les missions de service public mais dans le même temps nous atteignons un point de rupture. » Ce maintien n'est possible que grâce à un « paradoxe », a-t-elle expliqué, qui tient « sur la bonne volonté, sur le dévouement des personnels ». Elle a ajouté : « Et là il y a un point de rupture, de fatigue. On est en bout de course. »

Des choix difficiles face à la pression budgétaire

L'an dernier, le gouvernement français a demandé à l'université 13 millions d'euros d'économies, et 7 millions pour cette année, sur un budget total de 281 millions d'euros. Pour y arriver, l'établissement a dû faire des choix drastiques :

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  • Réduction des achats de livres
  • Coupes dans la recherche
  • Annulation de colloques et de missions de collègues
  • Suppression de terrains et de fouilles pour les étudiants
  • Réduction des investissements et des travaux

Ces économies ont permis de préserver « l'enveloppe formation », ce qui permet de « maintenir les cours », mais au prix de sacrifices importants.

Une situation alarmante avec des conséquences potentielles

Christine Neau-Leduc a évoqué des scénarios inquiétants si « l'université bascule » : accueillir moins d'étudiants (alors que leur nombre est passé de 35.000 à 45.000 en dix ans) ou réduire le nombre de cours. Elle a précisé que ces options ne sont que des « points d'interrogations » et a insisté : « Et ce n'est pas du tout ce qu'on souhaite. »

La pression est particulièrement forte sur les admissions : 130.000 à 140.000 demandes sont faites sur Parcoursup pour la première année de licence, pour seulement 7.000 places disponibles.

Un appel urgent à l'investissement

La présidente a rappelé qu'elle avait déjà alerté en 2024 sur le fait que « les universités [étaient] à l'os ». Elle a réclamé avec force : « Il faut investir dans la jeunesse, qui mérite un avenir. Et dans la recherche pour permettre de garantir notre souveraineté face aux grandes transitions à venir. »

Christine Neau-Leduc a souligné que « les présidents d'université alertent sur le sous-financement chronique des universités depuis des mois », mettant en lumière une crise structurelle qui menace l'ensemble du système d'enseignement supérieur français.

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