« Je veux étudier, pas mendier une place » : la colère des étudiants sans master à Montpellier
Ce mardi 16 septembre, une cinquantaine d'étudiants sans affectation en master se sont mobilisés devant les locaux de l'académie de Montpellier, à l'initiative du Scum, le Syndicat de combat universitaire. Une semaine après la rentrée universitaire, la situation reste bloquée pour de nombreux jeunes qui attendent désespérément une place dans la formation de leur choix.
Des refus en cascade et un été stressant
Yasmine, 23 ans, cherche à intégrer un master en droit privé depuis plusieurs mois. « J'ai demandé dans toute la France mais j'ai essuyé 21 refus », témoigne la jeune femme. Après un été « stressant », elle s'est rapprochée du Scum pour être épaulée dans ses démarches. Sans proposition de master, elle a été contrainte de quitter son studio Crous pour rentrer chez ses parents à Alès.
« Je suis venue au rectorat plusieurs fois pendant l'été. J'ai même fait des réclamations auprès du doyen de l'université, sans succès. Impossible de trouver du travail dans mon secteur seulement avec une licence. Aujourd'hui, je dépense mes dernières économies pour essayer de faire bouger les choses avec le Scum. C'est mon seul espoir », confie-t-elle.
Une sélection sociale dénoncée par le syndicat étudiant
Théo Haffner, adhérent au Scum, déplore une situation qui s'aggrave chaque année. « Les étudiants qu'on accompagne ont le diplôme pour entrer en licence ou en master. Pourtant, ils sont refusés à l'entrée de l'université ». Le syndicat pointe du doigt une sélection sociale et raciste organisée notamment par les professeurs et les présidences d'universités.
« Dans les conseils centraux, ils défendent une université élitiste, fermée aux enfants d'ouvriers et étudiants étrangers », accuse le représentant syndical. Cette problématique récurrente s'ajoute aux multiples difficultés rencontrées par les étudiants coincés entre précarité et problèmes de logement.
Des propositions de formation jugées inadaptées
Si le rectorat propose aux étudiants concernés des places vacantes dans d'autres formations, ces offres restent insuffisantes pour le Scum. « Les formations proposées n'ont rien à voir avec leur secteur, ce qui entraîne une rupture dans leur parcours pédagogique », explique Théo Haffner.
La trop faible capacité d'accueil des universités est évidemment en cause, mais le syndicat estime que le problème est plus profond et systémique.
Un rendez-vous au rectorat et des perspectives d'action
À la suite du rassemblement, les représentants du Scum ont été reçus par le rectorat. « Les échanges ont été constructifs et ont permis d'écouter les revendications présentées », indique l'institution. Une prochaine commission d'accès au second cycle de l'enseignement supérieur, chargée d'examiner les derniers recours, se réunira mercredi 17 septembre.
Le syndicat étudiant ne compte pas s'arrêter là. Jeudi 18 septembre, il portera ces revendications au sein du cortège de manifestants à Montpellier, déterminé à faire entendre la voix des étudiants laissés pour compte du système universitaire.



