Le flou des labels privés piège les étudiants : 'Mon mastère n'était pas un master'
Étudiants piégés par les labels privés : mastère vs master

Le flou des labels privés piège les étudiants : 'Mon mastère n'était pas un master'

Dans le paysage complexe de l'enseignement supérieur, de nombreux étudiants se retrouvent désemparés face à la prolifération des formations post-licence ou bachelor. La plateforme MonMaster, qui attire environ 250 000 candidats pour seulement 30 000 places universitaires, illustre bien cette saturation. Pendant ce temps, le secteur privé domine 44 % de l'offre sur Parcoursup, mais ces formations ne bénéficient pas toujours du grade master, créant une confusion préjudiciable pour les jeunes en quête d'orientation.

Une jungle de labels trompeurs

Avec l'explosion de l'offre privée post-bac, il devient de plus en plus difficile de s'y retrouver parmi les nombreux intitulés : master, master of science, mastère, mastère spécialisé, bachelor. Ces termes prêtent souvent à confusion, certaines formations ressemblant à des masters sans en être véritablement. Beaucoup d'étudiants ne découvrent cette réalité qu'une fois diplômés, lorsque leur formation s'avère moins reconnue qu'un diplôme universitaire, compromettant ainsi la suite de leur parcours, comme le souligne Le Parisien Étudiant.

Un étudiant interrogé par nos confrères témoigne : « À l'époque, j'ai cru que c'était la version francisée du mot 'master'. Je ne me suis pas méfié. Maintenant je sais que ce n'est pas un vrai master. » Son cas n'est pas isolé ; d'autres ont vécu des mésaventures similaires. Par exemple, Challenges rapportait en 2023 qu'une étudiante s'était inscrite à un bachelor commerce/management dans une école privée, présenté comme un bac + 3, alors qu'il n'était certifié qu'en bac + 2 RNCP. Bloquée pour intégrer un master, elle a dû recourir à la médiation nationale de l'étudiant.

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Une distinction fondamentale ignorée

La distinction entre master et mastère est pourtant cruciale. Le master est un diplôme d'État délivré par les universités publiques, reconnu dans toute l'Europe. En revanche, le mastère est un label privé créé par la Conférence des grandes écoles. Bien que sérieux, il ne possède pas la même valeur légale ni la même portée internationale que le master. Valérie Deflandre, conseillère au CIDJ de Paris, précise que le mastère spécialisé et le master of science ne sont pas des diplômes nationaux, mais de simples labels délivrés par la CGE.

Des parcours académiques compromis

Ce flou est parfois entretenu volontairement par certains établissements dans leur communication, d'autant que les termes « mastère » et « MBA » ne sont soumis à aucun contrôle réglementaire. Avant de s'engager, il est essentiel de vérifier la valeur réelle de la formation. Pour ceux qui envisagent de poursuivre en doctorat, d'intégrer la fonction publique ou de se réorienter après un bac + 5, le mastère peut rapidement devenir un frein majeur.

Alors que les campagnes d'inscription en master touchent à leur fin, ce marché de l'éducation supérieure reste opaque, laissant de nombreux étudiants dans l'incertitude. Il est urgent de clarifier ces labels pour éviter que d'autres jeunes ne paient le prix fort de cette confusion, tant sur le plan financier que professionnel.

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