La syntaxe maltraitée : comment éviter les solécismes à l'écrit
Syntaxe maltraitée : éviter les solécismes à l'écrit

La syntaxe, une alliée souvent malmenée à l'écrit

La syntaxe est un pilier fondamental de la langue française, définie comme la manière dont les mots sont agencés au sein d'une phrase pour générer du sens. Pourtant, elle se trouve fréquemment négligée, en particulier dans les textes écrits, ce qui conduit à des erreurs connues sous le nom de solécismes. Ces fautes de construction syntaxique peuvent compromettre la clarté et la précision du message.

Qu'est-ce qu'un solécisme ? Exemples concrets

Un solécisme survient lorsque la structure syntaxique d'une phrase est incorrecte. Voici quelques catégories courantes illustrées par des exemples :

  • L'ordre des mots : « Quand 900 ans comme moi tu auras, moins en forme tu seras. » Cette inversion inhabituelle rend la phrase confuse.
  • Le mésusage des prépositions : « Il est responsable pour le projet et il insiste de s'en occuper. » Il faudrait dire « responsable du projet » et « insiste à s'en occuper ».
  • Le mésusage des pronoms relatifs : « Le film que je t'ai parlé, c'est celui qui est sur le DVD dont je t'ai prêté. » Une formulation correcte serait « Le film dont je t'ai parlé » et « le DVD que je t'ai prêté ».
  • Une construction verbale bancale : « Si j'aurais su, j'aurais pas venu. » La forme correcte est « Si j'avais su, je ne serais pas venu. »

Quand la phrase n'a de sens que pour son auteur

Un problème récurrent est la phrase qui semble claire à son auteur mais devient obscure pour le lecteur. Voici des cas typiques :

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  1. « La pluie est tombée dû à un anticyclone » : il faut préférer « du fait d'un anticyclone » ou « à cause d'un anticyclone ».
  2. « En discutant avec le maire, l'orage a éclaté » : cette construction suggère à tort que l'orage discutait avec le maire.
  3. « Le couple était en vacances lorsque leurs enfants ont disparu » : « le couple » étant singulier, on doit écrire « ses enfants ».
  4. « Le président et le ministre ont eu un accident d'hélicoptère. Ce dernier a été blessé » : l'ambiguïté fait que « ce dernier » pourrait désigner l'hélicoptère plutôt que le ministre.
  5. « L'assemblée générale a été un échec. Commencée depuis dix minutes, la présidente s'est mise à hurler » : la phrase mélange les références entre l'assemblée et la présidente.

Écrivez comme vous parlez et relisez-vous attentivement

Il est surprenant de constater que les solécismes sont plus fréquents à l'écrit qu'à l'oral. Dans les travaux universitaires comme les thèses, les étudiants peuvent produire des phrases tarabiscotées qu'ils n'utiliseraient jamais dans une conversation. Pour éviter ces pièges, voici trois conseils essentiels :

  • Ne pas succomber à l'idée que « bien écrire » équivaut à « faire des phrases longues et compliquées ». La simplicité favorise la clarté et l'efficacité du message.
  • Écrire comme on parle : si une phrase semble improbable dans un échange oral, c'est souvent le signe d'une erreur syntaxique à corriger.
  • Se relire systématiquement en se demandant si le texte est compréhensible pour un lecteur extérieur, au-delà de sa propre perspective.

En appliquant ces principes, vous pouvez améliorer significativement la qualité de votre expression écrite et éviter les écueils syntaxiques courants.

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