Montpellier : Les syndicats enseignants dénoncent la casse sociale et l'austérité
Syndicats enseignants contre l'austérité à Montpellier

Montpellier : Les syndicats enseignants dénoncent la casse sociale et l'austérité

Dans le contexte d'une rentrée scolaire 2025 marquée par les tensions, les syndicats d'enseignants de l'académie de Montpellier se mobilisent vigoureusement contre ce qu'ils qualifient de "casse sociale et austérité". Leur combat principal porte sur la revendication d'une augmentation des salaires et le maintien des effectifs enseignants, malgré une tendance nationale à la baisse du nombre d'élèves.

Une baisse démographique qui inquiète

Les projections démographiques annoncent une diminution significative des effectifs scolaires. À l'échelle nationale, on prévoit entre 150 000 et 180 000 élèves de moins par an entre 2026 et 2028. Dans l'académie de Montpellier, cette tendance se concrétise déjà avec une réduction de 2 200 élèves dans le premier degré et 1 051 dans le second degré.

Cette situation alimente les craintes des syndicats, qui redoutent que l'État ne profite de ce contexte pour réduire drastiquement le nombre de postes d'enseignants. "Nous perdons cette année dix postes dans le premier degré, 13 en collèges malgré les nouvelles missions, et aucune création en Lycée", déplore Jessica Boyer, vice-présidente académique du Snalc.

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Des classes surchargées et une crise d'attractivité

Malgré la baisse des effectifs élèves, les moyennes par classe restent préoccupantes. "On a pu stabiliser à 24 par classe dans le premier degré mais en Europe ça tourne autour de 19. Et dans les Lycées, on est à une moyenne de 35", explique Jessica Boyer. Certains établissements montpelliérains atteignent même 37 élèves par classe en lycée et 30 en collège.

Cette situation s'accompagne d'une crise de recrutement majeure. Stéphane Audebeau, co-secrétaire académique du Snes Fsu, souligne : "En maths et physique, 25 % des postes n'ont pas été pourvus, en S2I ingénierie informatique, sur 33 postes au concours, 23 n'ont pas été pourvus." Même le métier de professeur des écoles, traditionnellement attractif, est touché avec 900 postes non pourvus au niveau national.

Le déclassement salarial au cœur des revendications

Les syndicats pointent du doigt un déclassement salarial qui contribue fortement à la crise d'attractivité du métier. Jessica Boyer précise : "Certains collègues avec 20 ans de métier touchent quasiment autant qu'un collègue qui démarre. La France reste l'un des trois pays d'Europe qui paye le moins ses enseignants."

Les annonces gouvernementales récentes ne font qu'aggraver les inquiétudes : gel du point d'indice, report de la prise en charge d'une partie des mutuelles, application retardée du décret pour améliorer la grille des salaires, et baisse de 30 % du supplément familial de traitement des fonctionnaires.

Une bataille pour l'avenir de l'éducation

Les syndicats insistent sur l'importance de maintenir les effectifs enseignants malgré la baisse démographique. Une note de l'Institut des politiques publiques vient étayer leur position : avec un effectif d'enseignants constants permettant des classes moins surchargées, l'État pourrait gagner à terme 6,6 milliards d'euros, dont 2,3 milliards de revenus fiscaux supplémentaires.

Stéphane Audebeau résume la situation : "Tous les élèves n'auront pas un professeur en face d'eux lundi. C'est une rentrée marquée par un renforcement de l'austérité depuis le discours du Premier ministre du 15 juillet, avec un impact considérable et inacceptable sur la casse des services publics."

La mobilisation des syndicats enseignants de l'académie de Montpellier s'inscrit donc dans un combat plus large pour la qualité de l'éducation publique, face à des défis démographiques, budgétaires et sociaux qui menacent l'attractivité durable du métier d'enseignant.

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