Staps : une filière universitaire exigeante bien au-delà du simple sport
Staps : une filière exigeante au-delà du sport

Staps : une filière universitaire exigeante bien au-delà du simple sport

Guillaume Bodet, président de la Conférence des directeurs et doyens Staps, le martèle avec force : suivre une licence en sciences et techniques des activités physiques et sportives n'a absolument rien d'une sinécure. Cette formation universitaire, plébiscitée par les étudiants avec pas moins de 150 419 vœux formulés pour l'année 2025, se révèle être extrêmement sélective et rigoureuse sur le plan académique.

Une sélection impitoyable basée sur des critères multiples

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : à l'université de Bordeaux, par exemple, 5 916 candidatures ont été enregistrées en 2024 pour seulement 292 admis. La sélection ne repose pas uniquement sur les performances sportives, bien au contraire. Les compétences scientifiques et littéraires sont fortement valorisées, avec un coefficient de 40 chacune. Les aptitudes sportives, comprenant la note d'éducation physique et sportive, les activités extrascolaires et le niveau général, ne comptent que pour 20% de la note finale, avec un coefficient de 30 sur 150.

D'autres critères déterminants entrent en ligne de compte :

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  • L'intérêt manifesté pour l'exercice de responsabilités collectives, associatives ou citoyennes
  • La participation à des dispositifs comme le Service National Universel
  • L'obtention de qualifications en secourisme, Bafa ou arbitrage
  • Les informations figurant sur la fiche « Avenir » rédigée par l'établissement d'origine

Ces éléments bénéficient chacun d'un coefficient de 20, démontrant l'importance accordée au profil global du candidat plutôt qu'à ses seules performances athlétiques.

Une formation exigeante qui requiert polyvalence et rigueur

La sélectivité de la filière Staps ne s'explique pas seulement par l'afflux de candidatures. La licence elle-même est particulièrement exigeante. Pierre-Louis, 27 ans, diplômé d'un master 2 Staps mention management du sport, témoigne : « En arrivant en première année, je m'attendais à une formation comportant beaucoup d'activités sportives, mais aussi à des études très rigoureuses sur le plan scientifique. Mes attentes ont rapidement été confirmées : cette filière exige d'être très polyvalent, tant sportivement que scientifiquement. »

Concrètement, en licence 1, les étudiants doivent valider plusieurs blocs de compétences de manière indépendante :

  1. Pratiques sportives
  2. Enseignements scientifiques
  3. Langues étrangères
  4. Compétences universitaires générales

Cédric Terret, directeur de la faculté de Staps à Bordeaux, précise : « Pour entériner son année, l'étudiant doit obtenir la moyenne dans chacun de ces blocs de manière indépendante. Un étudiant excellent en sciences, mais faible en sport, ou inversement, ne pourra pas valider son année. Voilà pourquoi nous recherchons des profils équilibrés. »

Déconstruire les mythes persistants autour de la filière

Plusieurs idées reçues méritent d'être corrigées concernant la licence Staps. Tout d'abord, concernant la proportion de sport dans le cursus : « En première année, la pratique sportive représente entre un quart et un tiers du volume horaire hebdomadaire, selon les établissements », explique Guillaume Bodet.

Le président de la Conférence des directeurs et doyens Staps profite également pour déconstruire un autre cliché tenace : il ne serait pas nécessaire d'être un athlète de haut niveau dans tous les sports pour intégrer cette filière. La compréhension des mécanismes sportifs prime sur la performance pure. Comme le rappelle le professeur des universités : « En Staps, nous ne cherchons pas à former des champions du monde. »

Enfin, le dernier préjugé concerne les débouchés professionnels. Clément, 27 ans, titulaire d'une licence Staps mention management du sport et actuellement journaliste sportif, lance : « Il est temps de dépasser cette idée reçue que le seul débouché serait le métier de professeur d'éducation physique et sportive au collège ou au lycée. »

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Cinq spécialisations distinctes à partir de la deuxième année

En réalité, il n'existe pas une licence Staps unique, mais plusieurs parcours spécialisés. À partir de la licence 2, les étudiants s'orientent progressivement vers l'une des cinq spécialisations proposées :

  • Activité physique adaptée et santé : formation destinée aux futurs responsables de prévention et conseillers en santé publique
  • Éducation et motricité : voie d'accès au métier de professeur d'éducation physique et sportive
  • Entraînement sportif : préparation au métier de préparateur physique, coach sportif ou entraîneur
  • Ergonomie et performance motrice : formation d'ergonomes, d'ingénieurs et de responsables de projet technique
  • Management du sport : préparation aux fonctions de responsable de projet, directeur de magasin ou directeur des services sportifs de collectivités territoriales

Des perspectives professionnelles variées et prometteuses

Les débouchés professionnels sont extrêmement variés, surtout si l'étudiant choisit de poursuivre ses études après la licence. Selon la dernière étude de la Conférence des directeurs et doyens, portant sur les diplômés de 2021, les détenteurs d'une licence de Staps étaient 88% à avoir trouvé un emploi deux ans après l'obtention de leur diplôme. Cette proportion monte à 93,5% après l'obtention d'un master Staps, démontrant l'excellente insertion professionnelle des diplômés de cette filière.

La licence Staps se révèle donc être une formation universitaire complète, exigeante et valorisante, qui dépasse largement le simple cadre sportif pour offrir aux étudiants une solide formation scientifique et des perspectives professionnelles diversifiées dans un secteur en constante évolution.