Santé mentale : grande cause nationale 2025-2026, mesures annoncées
Santé mentale : grande cause nationale 2025-2026

La santé mentale a été officiellement désignée grande cause nationale pour les années 2025 et 2026, a annoncé le gouvernement le 2 juin. Cette décision s'accompagne de plusieurs mesures, dont un dispositif de « coupe-file » permettant d'orienter en moins de 48 heures les élèves repérés à l'école, ainsi que l'objectif de mettre fin aux pratiques de contention d'ici à 2030. La contention consiste à entraver physiquement certains patients, une pratique controversée dans le milieu psychiatrique.

Des annonces saluées mais jugées insuffisantes

Si ces annonces placent la psychiatrie sous les projecteurs, les syndicats de psychiatres restent sceptiques. Ils dénoncent des « promesses vagues » et un manque criant de moyens, menaçant de faire grève en septembre. « Jamais la psychiatrie n'aura autant occupé le devant de la scène, mais le secteur, en crise depuis des années, attend toujours des actes concrets », a déclaré un représentant syndical.

Un coupe-file pour les élèves en détresse

Le coupe-file scolaire vise à détecter précocement les élèves en souffrance psychique et à les orienter rapidement vers des professionnels de santé. Ce dispositif, qui doit être déployé dans les établissements scolaires, prévoit une prise en charge sous 48 heures. Selon le ministère de la Santé, ce système permettrait de réduire les délais d'attente, actuellement de plusieurs mois dans certaines régions.

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La fin des contentions d'ici 2030

Le gouvernement s'engage également à abolir les pratiques de contention en psychiatrie d'ici à 2030. Ces méthodes, qui consistent à attacher les patients à leur lit ou à les immobiliser, sont dénoncées par les associations de patients et les défenseurs des droits humains. « La contention est une pratique traumatisante et indigne d'un soin moderne », a souligné une porte-parole du ministère. Un plan de formation et d'alternatives thérapeutiques sera mis en place.

Des moyens jugés insuffisants par les syndicats

Malgré ces annonces, les syndicats de psychiatres estiment que les mesures ne sont pas à la hauteur de la crise. Ils pointent un sous-effectif chronique, des lits fermés et des budgets insuffisants. « Ce sont des promesses sans calendrier ni financement clair », a critiqué un syndicat. La menace de grève en septembre plane, alors que les urgences psychiatriques sont saturées.

Un secteur en crise depuis des années

La psychiatrie française traverse une crise profonde, marquée par une augmentation des demandes de soins et une diminution des moyens. Selon un rapport parlementaire de 2023, le nombre de psychiatres a chuté de 15 % en dix ans, et les délais d'attente pour un premier rendez-vous peuvent atteindre 18 mois dans certaines zones. Le gouvernement espère que le statut de grande cause nationale permettra de mobiliser des ressources et de sensibiliser l'opinion publique.

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