Une mission rattachée au Premier ministre préconise de revaloriser le salaire des professeurs pour rendre le métier plus attractif. Selon le rapport, remis fin août, des hausses de rémunération pourraient atteindre 30% en début de carrière. Cette mesure vise à répondre à la crise des vocations et à la pénurie d'enseignants qui touche le pays.
Des hausses de salaire allant jusqu'à 30% en début de carrière
Le rapport, dont les conclusions ont été dévoilées par Libération, recommande une augmentation significative des traitements. Pour les enseignants en début de carrière, la hausse pourrait atteindre 30%. Cette mesure concernerait principalement les professeurs des écoles et les certifiés, qui sont les plus touchés par la baisse d'attractivité.
La mission propose également une revalorisation des salaires en milieu et en fin de carrière, afin de mieux reconnaître l'expérience et l'engagement des enseignants. Selon le rapport, ces mesures permettraient de rapprocher les rémunérations françaises de celles des pays européens les plus généreux.
Un constat alarmant sur l'attractivité du métier
Le rapport s'appuie sur un constat sans appel : le métier d'enseignant est devenu moins attractif, notamment en raison des salaires jugés trop faibles. Les concours de recrutement enregistrent une baisse de candidats, et de nombreux postes restent non pourvus chaque année. Cette situation est particulièrement critique dans certaines disciplines comme les mathématiques ou les lettres.
La mission souligne que la revalorisation salariale est une condition nécessaire, mais non suffisante, pour redonner de l'attractivité au métier. Elle recommande également d'améliorer les conditions de travail et de renforcer l'accompagnement des jeunes enseignants. Ces propositions s'inscrivent dans une réflexion plus large sur l'avenir de l'éducation nationale.
Des mesures chiffrées et des pistes de financement
Le rapport chiffre précisément le coût de ces mesures. Selon les estimations, la revalorisation de 30% en début de carrière représenterait un investissement significatif pour l'État. Pour financer ces hausses, la mission propose plusieurs pistes, notamment une meilleure allocation des ressources existantes et une révision de certains dispositifs jugés moins efficaces.
Le rapport préconise également de conditionner certaines hausses à des engagements des enseignants, comme l'accompagnement des élèves en difficulté ou la participation à des projets pédagogiques. Cette approche vise à responsabiliser les acteurs tout en améliorant la qualité de l'enseignement.
Selon une source proche de la mission, ces propositions devraient être étudiées par le gouvernement dans les prochaines semaines. Le ministère de l'Éducation nationale n'a pas encore réagi officiellement, mais des discussions sont attendues avec les syndicats. La mise en œuvre de ces mesures pourrait intervenir dès la prochaine rentrée scolaire, si le calendrier politique le permet.



