Rentrée scolaire en Occitanie : le métier d'enseignant, un dévoreur d'énergie
Rentrée en Occitanie : le métier d'enseignant dévoreur d'énergie

Rentrée scolaire en Occitanie : le métier d'enseignant, un dévoreur d'énergie

Alors que les vacances estivales touchent à leur fin, les enseignants d'Occitanie préparent activement la rentrée des classes. Nathalie Mouragues, professeure de CM1-CM2 à Villetelle, près de Lunel, s'apprête à vivre sa dix-neuvième rentrée scolaire avec un mélange d'excitation et d'appréhension.

Une préparation minutieuse en milieu rural

Dans sa classe de l'école Georges-Bénédite, située entre Lunel et Sommières, Nathalie Mouragues s'affaire avec bonne humeur. Les fournitures sont réceptionnées, les tables remises en place, et l'atmosphère est à l'anticipation. "L'année scolaire, on la prépare dès la fin de l'année précédente en récupérant les dossiers de nos futurs élèves pour cerner les besoins", explique-t-elle. Cette enseignante expérimentée reconnaît cependant que le contexte rural offre certains avantages : "En milieu rural, on reste des privilégiés. Nous avons un excellent soutien des collectivités, une directrice géniale et très présente, une super entente entre collègues."

Les défis de l'école inclusive et des classes à double niveau

Cette année, Nathalie Mouragues devra gérer une classe de double niveau CM1-CM2 avec vingt-six élèves, suite à la suppression d'une classe dans son établissement. "Ce qui est dur, c'est qu'on nous demande d'inclure tout le monde mais on se retrouve avec des élèves hyperactifs, des troubles du comportement, de grosses différences de niveau", confie-t-elle. La gestion de la pandémie de Covid-19 et du port du masque n'a rien arrangé, même si ces contraintes sont désormais intégrées au quotidien.

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L'enseignante insiste sur l'importance de maintenir un équilibre pédagogique : "Le plus dur, c'est de garder tout le monde dans le wagon sans tirer les bons vers le bas." Malgré ces difficultés, elle reste passionnée par son métier, qu'elle considère comme sa deuxième vie, après avoir exercé comme assistante de direction puis experte comptable avant de se reconvertir en 2003.

Innovations pédagogiques et manque de reconnaissance

Pour dynamiser son enseignement, Nathalie Mouragues prévoit de tester une expérience de classe en plein air une demi-journée par semaine, avec des ateliers sport et nature, art et nature. "Ça se fait beaucoup au Québec. Les enfants adorent ça et ça les rapproche de l'observation de la nature", souligne-t-elle avec enthousiasme.

Cependant, cette enseignante dévouée déplore un manque évident de reconnaissance de la part de certains parents. "Il y a du mieux depuis que les gens ont dû gérer les cours à la maison. Ils réalisent mieux l'ampleur de la tâche mais nous sommes encore trop considérés comme une garderie", regrette-t-elle. Elle ajoute : "Ce métier est mangeur d'énergie. Et financièrement, je gagne la même chose que dans le privé il y a vingt ans."

La rentrée en perspective

Ce mercredi 1er septembre, les réunions et mises en place de plannings vont s'enchaîner pour Nathalie Mouragues et ses collègues. Puis, ce jeudi, ce sera la redécouverte tant attendue de ses "grands" élèves. Malgré les défis, l'enseignante conserve sa motivation : "J'ai un peu le stress d'être prête mais pas celui de rencontrer les enfants. Au contraire, ils me manquent !"

La rentrée scolaire en Occitanie s'annonce donc comme un moment chargé d'émotions et de défis pour les enseignants, qui doivent conjuguer exigences pédagogiques, gestion des différences de niveau et recherche d'innovation, tout en faisant face à un manque de reconnaissance parfois palpable.

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