Un nouveau protocole sanitaire pour les établissements scolaires
Le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a présenté mercredi 28 juillet les grandes lignes du protocole sanitaire qui s'appliquera dans les écoles, collèges et lycées à la rentrée de septembre. Ces mesures, dévoilées sur l'antenne de Franceinfo, visent à adapter la gestion de la pandémie de coronavirus dans le milieu scolaire.
L'isolement des élèves non vaccinés au cœur du dispositif
Parmi les annonces principales, figure l'isolement à domicile des collégiens et lycéens non vaccinés déclarés cas contacts d'un élève positif au Covid-19. Cette mesure soulève cependant des questions pratiques, notamment concernant les élèves de sixième âgés de 11 ans, qui ne sont pas éligibles à la vaccination.
En effet, la campagne vaccinale n'est actuellement ouverte qu'à partir de 12 ans. Le ministère de la Santé a confirmé à nos confrères de l'Obs que les collégiens de moins de 12 ans sont bien concernés par ce nouveau protocole. « Tout enfant ou adolescent de moins de 12 ans ne peut pas recevoir de vaccin, c'est une règle claire des autorités de santé », a précisé le ministère.
Les spécificités pour les moins de 12 ans
Le pass sanitaire ne s'applique pas aux collégiens de moins de 12 ans, qui pourront donc faire leur rentrée normalement. Cependant, s'ils sont identifiés comme cas contacts ou testés positifs, ils devront s'isoler. Le ministère tempère : « Ce qui ne va pas leur arriver tous les jours, et si leur test est négatif, ils retournent en cours sans souci ».
Cette approche est présentée comme une question de bon sens et de responsabilité collective pour limiter la diffusion du virus. Rappelons que depuis le 15 juin, la vaccination est accessible aux adolescents à partir de 12 ans, avec l'accord écrit d'au moins un parent pour les 12-15 ans. Les plus de 16 ans peuvent se faire vacciner sans autorisation parentale.
Les réactions critiques des syndicats et associations de parents
Cette mesure d'isolement a suscité de vives réactions. Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, s'interroge : « Comment on fait pour les élèves de 6e qui ont pour une partie d'entre eux moins de 12 ans et ne sont pas donc pas éligibles à la vaccination ? ».
Pour Rémy Landri, de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) des Pyrénées-Orientales, cette éviction des élèves non vaccinés est discriminatoire. « C'est un tri pur et simple entre les élèves, dont certains vont payer une décision qui relève de l'autorité parentale », dénonce-t-il. La FCPE parle d'« une école à deux vitesses » et exprime son inquiétude face au creusement des inégalités.
Des questions logistiques non résolues
Emmanuel Bois, du Syndicat national des enseignants du second degré (Snes-FSU) du Gard, soulève des problèmes pratiques : « Comment vérifier quels élèves ne sont pas vaccinés quand un cas est détecté dans une classe ? Faudra-t-il une attestation sur l'honneur ? Quelle autorité sera habilitée à s'en assurer ? ».
Il critique une préparation insuffisante : « Une fois de plus, tout cela est fait dans l'impréparation. Le gouvernement cherche à donner des garanties qui sont irréalisables ». Ces interrogations mettent en lumière les défis organisationnels que devront relever les établissements scolaires à la rentrée.
À ce jour, la vaccination des moins de 12 ans n'est pas à l'ordre du jour, laissant cette catégorie d'élèves dans une situation particulière face aux nouvelles règles sanitaires.



