Un mail interne provoque l'indignation à l'Université de Bretagne Occidentale
Une violente polémique secoue l'Université de Bretagne Occidentale (UBO) à Brest après la diffusion d'un courrier électronique interne dans lequel un enseignant a qualifié ses étudiants de "quasi-débiles" et de "fraudeurs". Le mail, qui a fuité samedi 20 novembre, contient des propos jugés extrêmement blessants par la communauté universitaire.
Des termes choquants et condescendants
Dans ce message révélé par le syndicat étudiant "Une alternative pour l'UBO", le professeur utilise un vocabulaire particulièrement violent à l'égard des étudiants. Il les décrit comme "médiocres" et affirme que certains "ne savent pas comprendre le sens d'un texte simple et ânonnent en lisant". L'enseignant critique également le système éducatif, évoquant le "bac Covid automatiquement en 2019 et quasi-automatiquement en 2020".
Une critique plus large du système universitaire
Au-delà des insultes envers les étudiants, le mail contient une dénonciation des coupes budgétaires dans l'offre de formation. L'enseignant s'en prend particulièrement au plan Pari (Programme d'ajustements en vue d'une reprise des investissements) mis en place à l'UBO, qu'il qualifie de "zone universitaire prioritaire" qui "ne vaut pas un pet de lapin". Il estime que l'université "devient une université de seconde zone" et se transforme en "repère de lycéens" qui s'y inscrivent par défaut.
L'indignation des syndicats étudiants
Le syndicat "Une alternative pour l'UBO" a immédiatement réagi en dénonçant ces propos. Dans un communiqué, il les qualifie de "honte" et les juge "d'une extrême violence et condescendance vis-à-vis des étudiants et de l'ensemble des enseignants et personnels". Le syndicat critique également "le silence de la présidence de l'université" et exige que "des sanctions rapides soient prises contre cet enseignant".
La réponse officielle de l'université
Face à la polémique, la Commission formation et vie universitaire (CFVU) de l'UBO a publié un communiqué dans lequel elle rejette fermement "les stigmatisations et les dénigrements quels qu'ils soient, que ceux-ci concernent les étudiant·e·s, les personnels, les formations ou les diplômes de notre Université". L'établissement affirme son engagement "plein et entier de toute la communauté universitaire pour la qualité des formations dispensées dans notre Université".
Un contexte de tensions sur les moyens alloués
Cette affaire intervient dans un contexte de tensions récurrentes sur les moyens alloués à l'enseignement supérieur. L'enseignant auteur du mail controversé avait déjà alerté la direction en février dernier sur ce qu'il considérait comme des "fraudes de masse". La polémique met en lumière les difficultés que rencontrent certaines universités face aux réductions budgétaires et aux réformes du système éducatif.



