Nîmes : la FSU dénonce une pénurie d'enseignants et de moyens dans le Gard
Pénurie d'enseignants dans le Gard : la FSU appelle à la grève

Nîmes : la FSU dénonce une pénurie d'enseignants et de moyens dans le Gard

Les représentants enseignants de la FSU dans le Gard ont lancé un appel à la grève générale, prévue pour le jeudi 23 septembre, pour protester contre le manque de moyens humains et matériels dans les établissements scolaires du département. Malgré une rentrée où tous les élèves ont pu être accueillis, le syndicat pointe des défaillances structurelles qui compromettent la qualité de l'enseignement.

Une pénurie alarmante de postes d'enseignants

Emmanuel Bois, professeur au lycée Alphonse-Daudet de Nîmes, s'insurge : "Oui techniquement, cette rentrée a permis d'accueillir tous les élèves, mais le manque de postes est réel. En plus des postes supprimés, 75 en quatre ans dans le second degré et une cinquantaine dans le premier, il y a carrément eu des postes oubliés." Jérôme Amicel, enseignant au lycée Philippe-Lamour, renchérit : "70 % des établissements gardois du second degré n'ont pas eu l'ensemble des postes comblés." Cette situation crée des classes surchargées et une charge de travail accrue pour les professeurs restants.

Des équipements informatiques inadaptés et insuffisants

La grogne des enseignants s'amplifie avec la diminution du parc informatique dans les établissements. "Sous prétexte de réactualiser le matériel, les dotations diminuent. Il y a de moins en moins d'ordinateurs et il arrive même que ceux qui soient fournis ne conviennent tout simplement pas à notre métier d'enseignants. Certains par exemple ne possèdent pas de lecteurs DVD, comment voulez-vous diffuser des documentaires à vos élèves dans ce cas ?" explique un enseignant.

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Myriam Vernale, directrice de l'école maternelle Mandajors à Alès, déplore : "Alors que l'on nous demande une continuité pédagogique dans le premier degré en cas de classe fermée à cause d'un cas de Covid, on demande aux enseignants d'assurer leurs cours à distance depuis l'école. Sauf que très souvent ces mêmes enseignants n'ont pas assez d'ordinateurs pour pouvoir le faire. C'est encore un véritable casse-tête !"

Selon Corinne Place, institutrice à Saint-Etienne-des-Sorts, ces cas se produisent fréquemment depuis la rentrée : "Ce jeudi 9 septembre, dans le département, ce sont 45 classes dans le 1er degré qui sont fermées à cause du Covid-19." Dans le secondaire, Tifenn Le Martelot, professeure à Milhaud, ajoute : "Ce sont plutôt des élèves qui n'ont pas encore fait leur rentrée et qui n'ont pas encore rejoint leur classe à cause du Covid. Mais pour l'heure on ne nous a pas encore signalé d'élèves qui auraient été placés en quarantaine chez eux."

Des salaires jugés insuffisants et une gestion critiquée du handicap

Parmi les autres réclamations, la FSU dénonce une aberration au niveau des salaires. Emmanuel Bois fustige : "Blanquer annonce des salaires minimums de 2000 euros net ! Rendez-vous compte, c'est ce que touche aujourd'hui un professeur après 17 années de carrière. Comment voulez-vous qu'il augmente tout le monde du jour au lendemain, avec quel argent ?" Le syndicat exige des négociations sérieuses pour réévaluer les salaires, soulignant qu'en France, les enseignants perçoivent en moyenne 2608 euros brut par mois après 15 ans de carrière, contre 5278 euros en Allemagne.

Enfin, la création des pôles inclusifs d'accompagnement localisés (Pial) est vivement critiquée. "C'est une ineptie. Nombre d'élèves en situation de handicap se sont vus réduire de moitié les heures qu'ils avaient avec une AESH. Et ces quelques heures seront en plus mutualisées avec les autres enfants nécessitant un accompagnement de la classe. Comment voulez-vous que les besoins de ces enfants soient pris en compte ? On est en train de sacrifier les élèves avec un handicap", dénonce un représentant syndical.

Ces multiples griefs ont conduit la FSU à lancer un appel à la grève générale le jeudi 23 septembre, espérant ainsi alerter les autorités sur l'urgence de la situation dans les écoles du Gard.

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